Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Attentat de Nice Attentat de Nice Attentat de Nice Laurent Raviot a présidé la cour d’assises spéciale de Paris chargée du procès de l’attentat qui a fait 86 morts à Nice, en 2016. A l’occasion des dix ans de cette attaque, c’est au « Monde » qu’il livre son premier entretien. Avec une liberté de ton exceptionnelle. Article réservé aux abonnés Magistrat depuis 1993, Laurent Raviot préside des procès terroristes depuis 2014. Il a notamment présidé celui de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, perpétré par le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui, à bord d’un camion, avait tué 86 personnes sur la promenade des Anglais, avant d’être abattu par des policiers. A l’issue de ce procès, les deux principaux accusés, deux amis du terroriste, avaient été condamnés, le 13 décembre 2022, à dix-huit ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste par la cour d’assises spéciale de Paris, peine confirmée en appel le 13 juin 2024. A l’occasion des dix ans de cet attentat, le magistrat s’exprime pour la première fois. Avec une liberté de ton remarquable, il raconte la difficulté de juger un procès d’une telle ampleur, ses interrogations, ses fantômes et la façon dont se forge une intime conviction. Quelle place le procès de l’attentat de Nice occupe-t-il dans votre carrière, et quelle trace en gardez-vous sur le plan personnel ? C’est l’un des dossiers les plus difficiles que j’aie eu à juger, pour plein de raisons. Une des choses qui m’ont marqué, comme jamais, ce sont les auditions de parties civiles. Ce procès a duré quatre mois, dont cinq semaines consacrées aux parties civiles, qui ont exposé leurs souffrances, leur douleur. On en a entendu plus de 260, que ce soit des victimes directes, indirectes ou des proches des défunts. Il vous reste 91.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.