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ReportageFace à la menace russe, les trois pays nordiques réhabilitent leurs abris antiatomiques des années 1950, civils comme militaires, parfois nichés dans des décors dignes de James Bond. A l’heure de la guerre des drones, cette culture et cette expertise communes suscitent l’intérêt de leurs alliés européens.

Trois petites brochures siamoises sont massivement distribuées auprès des populations. En Finlande, le document insiste sur la préparation à une situation de guerre en « soixante-douze heures » chrono ; en Suède, il incite à l’« unité » civile et militaire avec, en couverture, une femme en uniforme protégeant une famille ; en Norvège, il affiche en une les réserves à constituer chez soi : eau, bougies, allumettes, trousse de secours, conserves, couvertures, radio hertzienne… Face à une Russie jugée de plus en plus menaçante, les trois pays nordiques ne se contentent pas de mobiliser les esprits ni d’accroître leurs budgets de défense : ils réhabilitent les bunkers de la guerre froide.

Un chapelet d’abris creusés dans le granit, une roche résistante très répandue dans la région, en jalonne les territoires. Autonomes en air et en eau, les plus vastes peuvent accueillir plusieurs milliers de personnes. Héritée de la seconde guerre mondiale, cette « culture » des bunkers s’est développée dans les années 1950, sous la menace nucléaire, dans des pays habitués à compter d’abord sur eux-mêmes.