Ces fortifications de l’Aude et de l’Ariège datant des XIIIe et XIXe siècles, perchées en haut de pitons rocheux escarpés, devrait intégrer les sites classés de l’Unesco d’ici la fin du mois de juillet. Le château de Montségur. ED JONES / AFP Par Télérama, avec AFP Publié le 11 juillet 2026 à 15h59 Sept fortifications médiévales de l’Aude et de l’Ariège, anciennement désignées comme des « châteaux cathares » et désormais rebaptisées Forteresses royales du Languedoc, un changement qui ne plaît pas à tout le monde dans la région, devraient rejoindre fin juillet le patrimoine mondial de l’Unesco. Le Comité patrimoine mondial de l’Unesco se penchera du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en Corée du Sud, sur leur candidature intitulée « système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne XIIIe-XIVe siècles ». Perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les forteresses de Montségur en Ariège, Peyrepertuse ou encore Quéribus dans l’Aude, étaient souvent appelées « châteaux cathares » en référence à l’hérésie combattue par l’Eglise catholique entre Toulouse, Albi, Béziers et Narbonne au XIIIe siècle. L’association Mission Patrimoine Mondial, qui a rédigé le dossier de candidature, parle désormais des Forteresses royales du Languedoc. L’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes », note Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 hérétiques ont été brûlés en 1244 avant que ne soit construite la forteresse qu’on visite aujourd’hui. « Nous, à Montségur », confie le guide, « on parlera toujours de cette période phare qu’est le catharisme et qui restera à jamais gravée dans notre pays ». À lire aussi : Les mégalithes de Carnac et du Morbihan classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco Une pétition qui s’élève contre cette requalification a recueilli près de 8 500 signatures et une mobilisation des partisans de l’ancienne appellation est prévue à Quéribus le 18 juillet, à la veille de l’ouverture de la session du comité de l’Unesco. Comme à Montségur, plusieurs de ces sites ont servi de refuge à des personnes accusées d’hérésie, mais ce ne sont pas ces dernières qui ont bâti ces châteaux. C’est à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal, que le roi de France décide de faire édifier des forteresses sur plusieurs emplacements stratégiques. « Entre les années 1240 et les années 1290, 22 châteaux sont rebâtis à la mode royale, avec l’architecture capétienne », explique David Maso, de l’association Mission Patrimoine Mondial. Surveillance des populations et du royaume d’Aragon « Il y a eu effectivement à Peyrepertuse, comme dans d’autres châteaux, des communautés cathares qui se sont établies, parfois réfugiées sous la pression de l’Inquisition (...) mais les lieux où ont vécu ces gens ont été remplacés par les forteresses que l’on voit aujourd’hui », poursuit-il. Avec ces forteresses, le roi de France a un double objectif : garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse. La situation géographique contraint les architectes à s’adapter à ces épines rocheuses. À Quéribus, le donjon est soutenu par « un seul pilier central duquel partent quatre croisées d’ogive », explique Anaïs Monrozier, cheffe de projet chez Mission Patrimoine Mondial. Les forteresses sont administrées par un sénéchal installé dans la cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque. Des 22 forteresses, sept ont été jugées en suffisamment bon état pour faire l’objet d’une candidature à l’Unesco. À ces sept édifices, s’ajoutent le château et les remparts de Carcassonne, considérés comme un « élément central du système défensif » conçu par le roi Louis IX et ses successeurs. À l’exception de Carcassonne, les forteresses se situent aujourd’hui en zone rurale, dans des territoires soumis à des enjeux comme la déprise agricole ou le dérèglement climatique. Au pied de Quéribus, dans l’Aude, le petit village de Cucugnan attend beaucoup de ce classement, dont les habitants espèrent un coup de pouce économique. « La fréquentation du site est en baisse », explique André Doumenc, maire de la commune. « En 1995, on était à 92 000 entrées au château et, aujourd’hui, on atteint péniblement 50 000. » Outre la reconnaissance de la valeur de ces monuments, un classement au patrimoine mondial pourrait aussi, selon David Maso, permettre de « pérenniser des programmes à long terme pour la conservation de ces monuments ». Des édifices particulièrement exposés aux aléas climatiques. Le vent, le gel et les intempéries dégradent ces monuments qui ont besoin d’être entretenus en permanence. À lire aussi : Les travaux d’urgence du château de Chambord seront-ils financés avant qu’il ne s’écroule ? Société Patrimoine Unesco Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Sept “châteaux cathares” devraient rejoindre le patrimoine mondial de l’Unesco
Ces fortifications de l’Aude et de l’Ariège datant des XIIIe et XIXe siècles, perchées en haut de pitons rocheux escarpés, devrait intégrer les sites classés de l’Unesco d’ici la fin du mois de juillet.






