Les candidats antiestablishment se multiplient dans le camp démocrate à l’approche des élections de mi-mandat de novembre prochain aux États-Unis. Cette tendance témoigne de la volonté de changement exprimée par les électeurs de la gauche américaine, qui veulent conjurer le sort de la défaite crève-cœur de Joe Biden et Kamala Harris subie en 2024 face au populiste (et criminel condamné par la justice) Donald Trump.Ces candidatures hors norme, issues pour la plupart de campagnes populaires, se veulent porteuses de renouveau. Elles ne sont toutefois pas sans risque pour le parti. En témoigne l’explosion en plein vol, cette semaine, de Graham Platner, choisi à 72,1 % par les électeurs démocrates du Maine au début du mois de juin pour croiser le fer en novembre prochain avec la sénatrice républicaine Susan Collins, vétérane de la politique américaine.Dans le contexte politique actuel, la prise du siège de Mme Collins au Sénat par les démocrates, qui assurerait au parti d’opposition une majorité à la chambre haute du Congrès américain, demeure une forte possibilité.Or, mercredi soir, l’ostréiculteur de 41 ans a annoncé qu’il se retirait de la course. Depuis le début de la semaine, l’homme croulait sous la pression du parti, après qu’une ex-partenaire l’eut accusé dimanche de viol, détaillant sur les ondes de CNN une agression qu’il lui aurait fait subir alors qu’il était sous l’effet de l’alcool. Les faits reprochés se seraient déroulés en 2021. En démissionnant, le principal intéressé a continué à les nier.« Les allégations rapportées sont extrêmement troublantes : la violence, les abus et les agressions sexuelles sont absolument inacceptables », ont déclaré mardi par communiqué le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et la responsable de la campagne sénatoriale du parti, Kirsten Gillibrand, tout en appelant l’aspirant sénateur à mettre fin à ses ambitions politiques. Le Comité de campagne sénatoriale démocrate menaçait de ne plus investir dans la campagne du Maine si Graham Platner restait candidat.La sortie de course de ce novice en politique risque d’agir comme un électrochoc au sein d’un parti blessé. C’est que le cas Platner vient d’exposer la grande fragilité de ces candidats hors norme et, surtout, la menace que leur ascension souvent spectaculaire, en dehors des instances du parti, fait désormais peser sur les prochaines échéances électorales aux États-Unis.Début juillet, une jeune avocate de 29 ans revendiquant une appartenance aux Socialistes démocrates d’Amérique, Melat Kiros, a facilement délogé la représentante démocrate Diana DeGette dans une primaire du parti au Colorado. Mme DeGette siégeait depuis 30 ans à la Chambre des représentants des États-Unis et souhaitait se représenter.
Les démocrates peuvent-ils se permettre des candidats antisystème?
L’explosion en plein vol cette semaine d’un jeune espoir dans le Maine pourrait secouer le parti.














