Pas de vacances en vue pour les députés hongrois : ils doivent examiner un texte après l’autre, un rythme effréné imposé par le premier ministre Péter Magyar, pressé de démanteler le système politique mis en place par Viktor Orbán.Deux mois après avoir prêté serment le 9 mai, le dirigeant conservateur pro-UE mène tambour battant son offensive pour apporter le « changement de régime » promis aux Hongrois, au soir de sa victoire écrasante aux législatives d’avril.En 16 ans de pouvoir, le nationaliste Viktor Orbán a remodelé les institutions du pays d’Europe centrale de 9,5 millions d’habitants pour le transformer en une démocratie « illibérale » qui a servi de modèle idéologique, entre autres, au président américain Donald Trump ou à la Française Marine Le Pen.Ses attaques contre l’indépendance de la justice, de la presse ou les libertés individuelles, notamment celles de la communauté LGBT+, ont généré des frictions avec l’Union européenne, qui a gelé quelque 16 milliards d’euros de fonds.La charge menée par M. Magyar, fort d’une confortable majorité des deux tiers au Parlement, vise en premier lieu à débloquer ces fonds dont le pays a bien besoin pour relancer son économie stagnante.D’où le vote en quelques semaines d’une loi anticorruption et d’une autre pour démanteler le Bureau dit de protection de la souveraineté, qui ciblait les voix critiques.Il a également approuvé une refonte spectaculaire des médias publics devenus le porte-voix du parti Fidesz d’Orbán. Mardi, deux chaînes du service public ont ainsi vu leurs journaux télévisés retirés de l’antenne, en attendant la constitution d’une nouvelle direction de l’information.