Flambée des prix du pétrole, envolée des taux d’emprunt, repli des actions… Les marchés mondiaux ont été minés mercredi par la reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran, qui ravivent les craintes inflationnistes.Donald Trump a prévenu mercredi que Washington s’apprêtait à frapper une nouvelle fois l’Iran, après des échanges de frappes entre les deux belligérants qui ont rendu le fragile cessez-le-feu caduc, selon lui.« La situation imprévisible […] ressemble à une poudrière sur le point d’exploser. Une poursuite du conflit ferait entrer la région dans une toute nouvelle phase d’escalade », a souligné Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.Le stratégique détroit d’Ormuz est encore au cœur des affrontements, l’Iran revendiquant, malgré l’opposition des États-Unis, d’imposer des droits sur ce passage, et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.« Le trafic des pétroliers à travers le détroit d’Ormuz s’est pratiquement arrêté », a relevé Jorge Leon, responsable de l’analyse géopolitique pour Rystad Energy.
Dans ce contexte, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 5,21 % à 78,02 dollars. En séance, il a même franchi la barre des 80 dollars, une première en plus de deux semaines.Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a grimpé de 4,37 % à 73,52 dollars.Cette montée de tensions n’est pas immuable.« Il y a certes beaucoup de rhétorique belliqueuse qui circule, mais avec le président Trump, la tension dans ce genre de situations monte en flèche et peut retomber tout aussi vite », a mis en avant auprès de l’AFP John Kilduff, d’Again Capital.Le président américain a en effet assuré que les nouveaux affrontements meurtriers prendraient fin « très rapidement », laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran.Les Bourses à la peineLes déclarations de Donald Trump « ont ébranlé les marchés […] déclenchant un mouvement d’aversion au risque qui a entraîné une forte baisse des actions européennes » et américaines, a noté Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 2,18 %. Francfort a reculé de 2,23 % et Londres de 1,66 %. Milan a lâché 1,22 % et Madrid a décroché de 2,73 %.À Wall Street, le Dow Jones a cédé 1,09 % et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,28 %.Seul l’indice Nasdaq — à forte coloration technologique — a avancé de 0,20 %, profitant d’achats à bon compte au sein du secteur des semi-conducteurs.Les investisseurs redoutent « une montée généralisée des coûts » pour les entreprises et « une inflation plus marquée », selon Jose Torres, d’Interactive Brokers.« Les valeurs sensibles à la conjoncture économique sont particulièrement malmenées », a poursuivi l’analyste.À New York, cela a notamment été le cas des valeurs du secteur du tourisme (Airbnb -3,93 %, Booking -4,21 %), des banques (JPMorgan -2,54 %, Bank of America -2,61 %) ou de l’industrie (Honeywell -2,08 %).À Paris, Société Générale a plongé de 5,79 % et BNP Paribas 3,45 %. À Francfort, Deutsche Bank a perdu 5,00 % et, à Madrid, Banco Santander a chuté de 5,06 %. À Londres, Standard Chartered a lâché 4,23 % et NatWest 3,89 %.Le secteur automobile a aussi accusé le coup, Stellantis chutant de 5,85 % et Renault terminant en repli de 4,14 %. À Francfort, Volkswagen (-4,51 %), Mercedes-Benz (-4,01 %) ou BMW (-3,52 %) ont perdu pied.Hausse des taux obligataires« La hausse des prix de l’énergie […] entraîne une réévaluation plus restrictive des anticipations de politique monétaire sur les marchés financiers et pousse les rendements » des emprunts souverains à la hausse sur les marchés obligataires, a souligné Fawad Razaqzada.Le coût de l’emprunt français à échéance dix ans a atteint mercredi 3,92 %, un niveau inédit depuis juin 2009.Son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait lui au-dessus du cap symbolique de 3 %, à près de 3,09 %, contre 2,99 % la veille en clôture. Le taux italien à dix ans atteignait 3,89 %, contre 3,77 % la veille à la clôture.Hors zone euro, le taux britannique à dix ans atteignait 4,97 %, contre 4,84 % la veille.Le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans se tendait à 4,57 % vers 20h45 GMT, contre 4,55 % à la clôture la veille et 4,47 % lundi.













