Une immense foule a envahi mercredi les rues des villes saintes chiites de Najaf et Kerbala en Irak, pour accompagner le cortège funéraire du guide suprême iranien Ali Khamenei, avant qu’il ne soit inhumé dans son pays natal.Cette étape irakienne vient clore un hommage de plusieurs jours qui a rassemblé des millions d’Iraniens, conçu comme une démonstration de force et d’unité après les frappes israélo-américaines ayant tué l’ayatollah, au premier jour de la guerre le 28 février.Les funérailles n’ont pas fait taire les armes : les hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran, sur fond de cessez-le-feu brisé.À Najaf, dans le sud de l’Irak, où la dépouille de l’ayatollah était arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de grands portraits en ce jour décrété férié.

Au sanctuaire de l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l’islam et premier imam chiite, beaucoup se sont bousculés pour tenter de toucher le cercueil, ont constaté des journalistes de l’AFP. Alors que l’appel à la prière résonnait dans les vastes cours, des centaines de religieux coiffés de turbans blancs et noirs ont accueilli la dépouille après des heures d’attente sous un soleil de plomb.La mort de Khamenei est « une calamité, une tragédie », témoigne Karim Hassan, saluant « l’hommage digne » rendu à « un dirigeant que l’on ne peut même pas décrire ».« Humilier l’Amérique »Après Najaf, le cercueil est arrivé en soirée par la route à Kerbala, plus au nord, où il doit être transféré vers les sanctuaires de l’imam Hussein et de son frère Abbas.En ville, la foule a brandi des drapeaux iraniens et des portraits de l’ayatollah, reprenant en chœur des slogans retransmis par haut-parleur glorifiant l’Iran et ses dirigeants, ainsi que l’« axe de la résistance », nom donné par Téhéran à des groupes armés dans la région qui le soutiennent, incluant des organisations en Irak.