Labour & WaitUne boutique spécialisée dans les brosses à récurer, les pelles à poussière et les seaux en métal : a priori, ce n’est pas le genre d’endroit où j’entrerais spontanément. Et pourtant, Labour & Wait est un véritable plaisir.La boutique a été fondée il y a vingt-cinq ans par Rachel Wythe-Moran et Simon Watkins, deux créateurs de mode en quête d’une échappatoire à l’incessante course aux collections. Avec Labour & Wait, ils voulaient ralentir le rythme. Ils se sont toutefois rapidement rendu compte que leur formule rencontrait un tel succès que « travailler moins » n’était pas vraiment une option.En revanche, leurs produits incarnent parfaitement cette philosophie du temps long. Wythe-Moran et Watkins sélectionnent des objets conçus pour durer toute une vie. Une pelle à poussière, certes, mais la plus belle et la plus solide que vous ayez jamais tenue entre les mains. « Nous voulons apporter de la beauté dans la vie quotidienne », résume le couple.La boutique Labour & Wait originale, avec ses splendides carreaux de façade verts, se trouve sur Redchurch Street. Une rue qui, sous l’impulsion de Labour & Wait, a aussi attiré quantité d’autres concepts cool. Il existe désormais aussi des adresses à Marylebone et à Covent Garden, et même à Tokyo. Il va de soi que ce concept de beauté du quotidien et de durabilité parle au public japonais. Eux, ils aiment bien une belle brosse. Lors de mes voyages à Londres, je passe régulièrement par Labour & Wait, et j’y retrouve cette idée qu’il faut investir dans les choses qu’on utilise chaque jour. Un sac à main, par exemple.LibertyPlus britannique que ça, c’est impossible. Quel grand magasin peut se targuer d’avoir un imprimé textile propre, peut-être encore plus connu que le magasin lui-même? Chez Liberty, énormément de choses se rejoignent: histoire, architecture, design, mode et, depuis peu, aussi beauté. Commençons par le commencement: l’histoire. D’abord: le nom "Liberty" ne renvoie pas à la liberté, mais à son fondateur, Arthur Lasenby Liberty, même s’il avait bel et bien un esprit particulièrement libre. Liberty était vraiment un homme du monde, et son ambition consistait à donner aux Londoniens accès à l’art, au design et à la mode du monde entier. Sous cette devise, il fonde en 1875 une boutique, à un autre emplacement sur Regent Street. En 1924, Liberty s’installe à l’adresse actuelle, dans un bâtiment construit en bois provenant de navires de la marine britannique. Liberty connaît un grand succès et devient non seulement un lieu d’échanges intéressant, mais aussi un endroit où la scène artistique londonienne aime se montrer.Aujourd’hui, l’histoire est un peu plus commerciale, mais le magnifique magasin réunit toujours de belles pièces de designers du monde entier. Au rez-de-chaussée se trouve The Beauty Studio, un vaste espace dédié à la beauté qui a ouvert ses portes il y a plusieurs années. Une manière idéale d’attirer une clientèle qui n’aurait peut-être pas osé franchir le seuil du grand magasin. Et depuis trois ans, on y vend aussi LBTY Fragrance, la marque de parfums propre à Liberty.SelfridgesL’ambiance chez Selfridges est totalement différente de celle des bâtiments historiques de Liberty et de Harrods. À première vue, on pourrait croire que Selfridges est un grand magasin destiné aux masses, mais ce n’est absolument pas le cas. Les masses regardent, mais c’est l’élite qui achète. C’est pourquoi Selfridges a récemment lancé 40 Duke, un club privé exclusif destiné aux clients les plus précieux de Selfridges. Le club a sa propre entrée, des suites de personal shopping, un restaurant, un bar, une galerie d’art et des espaces dédiés aux services personnalisés.© Alan HughesBien plus que le grand magasin de luxe classique, Selfridges veut être un pionnier dans la façon dont le retail évolue. Avec son propre club de membres donc, mais aussi avec l’initiative Re-Selfridges, grâce à laquelle les clients peuvent rapporter divers emballages de cosmétiques pour réutilisation ou recyclage.Au rez-de-chaussée, Selfridges met son « Corner Shop » à la disposition d’une marque différente toutes les quelques semaines, une stratégie qui encourage les clients à revenir régulièrement pour découvrir de nouvelles collaborations. Au fil des ans, cet espace a notamment accueilli Céline, Skims et même Pokémon.BrownsJe l’admets : il faut un certain aplomb pour pousser la porte de Browns. Les pièces de mode audacieuses exposées en vitrine, l’agent de sécurité posté à l’entrée et le bâtiment, qui ressemble davantage à une élégante maison de ville qu’à une boutique, peuvent en intimider plus d’un. Pourtant, il serait dommage de s’arrêter à cette première impression.Browns est l’une des adresses londoniennes les plus attentives aux évolutions de la mode. La boutique excelle dans l’art de mêler des marques établies à de jeunes talents prometteurs. Elle a d’ailleurs joué un rôle pionnier en soutenant très tôt des créateurs comme John Galliano, Alexander McQueen, Hussein Chalayan ou Christopher Kane.Browns a été fondée en 1970 par Joan et Sidney Burstein, mais a été reprise il y a une dizaine d’années par la plateforme d’e-commerce Farfetch. Pendant un court moment, une déclinaison, "Browns East", a aussi ouvert à Shoreditch- alors première boutique sans genre d’Europe. Mais elle a fermé ses portes en 2022. Aujourd’hui, cette philosophie se poursuit en grande partie dans la boutique Browns originale, où la mode féminine et la mode masculine ne sont pas strictement séparées. Tout est permis et tout est possible ici, pour autant que vous y mettiez beaucoup d’argent.Lire plusEnvie de visiter Londres? Voici les lieux à ne pas manquerCes personnalités qui font rayonner LondresNos restaurants préférés à Londres
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