Publié le 08/07/2026 18:00

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Radio France

François Bayrou est l'invité du 7e épisode du podcast "Dans les yeux d'Agathe".

Dans ce nouvel épisode du podcast vidéo "Dans les Yeux d’Agathe", Agathe Lambret reçoit François Bayrou, ancien Premier ministre et figure centrale de la vie politique française depuis plusieurs décennies. Après un silence médiatique de dix mois, l’ancien maire de Pau revient sur son parcours, de ses origines paysannes aux sommets de l’État. À l'occasion de la sortie de son ouvrage Alerte sur la France qui vient, il livre un entretien au ton personnel, explorant ses blessures, ses convictions et sa vision de l'élection présidentielle de 2027.L'entretien s'ouvre sur les inquiétudes majeures de François Bayrou concernant la situation économique de la France. Il dénonce une "terrible crise qui vient" et fustige l'irresponsabilité d'une classe politique qui ignorerait, selon lui, le risque d'une "guerre des générations" liée à la dette publique. Il rappelle que la France n'a pas voté de budget à l'équilibre depuis cinquante ans, "détournant" ainsi la richesse produite vers des créanciers majoritairement étrangers au détriment de l'éducation ou de la santé.François Bayrou aborde ensuite son enfance et décrit ses premières années dans une ferme du Béarn, au sein d'un univers "sans argent" où régnait un sentiment d'insécurité matérielle. "Mon enfance, c'est un univers où il n'y avait pas un sou." Il évoque sa mère, au destin particulier, et son père, paysan érudit ("A la maison, on lisait tout le temps, on lisait en mangeant... Et ça me dure encore"), dont la mort accidentelle alors que François avait 22 ans reste une "brûlure". Ce passé forge chez lui une méfiance durable envers les "grandeurs d'établissement" et l'entre-soi des élites parisiennes. "Je n'ai jamais été dans les cercles de pouvoir, c'est pour ça que j'ai duré."L'ancien Premier ministre et ministre de l'Éducation nationale se confie également sur son bégaiement, apparu à l'âge de sept ans. Comment ce blocage l'a affecté. "La rage, elle ne s'est jamais effacée." Il relate comment un psychanalyste avait prédit qu'il ne pourrait jamais enseigner, faire de la radio ni de la politique en raison de ce handicap. "J’ai dit : c’est très bien, je vais faire les trois", s'amuse-t-il aujourd'hui.François Bayrou aborde l’affaire Bétharram, qu'il qualifie de "plus dure épreuve de [sa] vie politique". Il se défend de toute inaction lorsqu'il était ministre, dénonçant une exploitation politique visant à le toucher à travers sa famille, alors qu'une commission d'enquête parlementaire a relevé un "défaut d'action" de sa part. Sur un plan plus personnel, il revient sur le combat de l'une de ses filles contre l'anorexie, un épisode douloureux qui l'a conduit à échanger "d'homme à homme et de père à père" avec Jacques Chirac, également confronté à cette maladie au sein de son foyer.L'entretien se projette enfin vers l'élection présidentielle de 2027. S'il confirme qu'il ne sera pas candidat, François Bayrou entend jouer un rôle de "décanteur". Il définit les critères du candidat idéal : il devra dire la vérité aux Français et avoir le courage d'affronter les problèmes ; refuser tout compromis ou alliance vers l'extrême droite ou l'extrême gauche, qualifiées de "dangers de mort" porteuses selon lui de "promesses de malheur" pour le pays ; s'appuyer sur une expérience solide des responsabilités pour diriger la France, arguant que l'"improvisation" est impossible. François Bayrou insiste par ailleurs sur la nécessité pour ce candidat idéal à ses yeux d'appartenir à un "grand courant", un "fleuve" central allant de la social-démocratie à la droite modérée, tout en faisant preuve d'une certaine abnégation pour favoriser l'union.Pour autant, François Bayrou refuse de cocher un nom sur la liste des prétendants. Selon lui, une "décantation" s'opérera véritablement entre novembre 2026 et février 2027. Et il l'assure, lui qui ne renie pas l'image du "faiseur de roi" lors des précédentes présidentielles (en 2012 avec François Hollande, puis en 2017 avec Emmanuel Macron) sera alors au rendez-vous et s'exprimera pour prendre parti, pour ne pas laisser le pays succomber au "bal des menteurs" et pour que le candidat qu'il soutiendra soit "à la hauteur" de l'enjeu.