Publié le 02/07/2026 20:00

Liste des vidéos similaires

Radio France

Le député RN Jean-Philippe Tanguy est l'invité du nouvel épisode du podcast "Dans les yeux d'Agathe". Il se confie à Agathe Lambret.

Dans ce nouvel épisode du podcast "Dans les Yeux d’Agathe", Agathe Lambret reçoit Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et figure centrale du Rassemblement national (RN). A l'approche de l'échéance judiciaire du 7 juillet cruciale pour son parti, Jean-Philippe Tanguy livre son analyse du tandem Marine Le Pen-Jordan Bardella. Il se confie sur ses propres origines, son parcours, ses fêlures et sa vision de la stratégie d'un parti en pleine mutation.Fils d'un secrétaire-comptable devenu gestionnaire d'usine, Jean-Philippe Tanguy grandit en banlieue parisienne, loin des cercles du pouvoir. C'est une prof de piano et un ami fidèle qui le poussent à viser l'excellence : le lycée Henri IV, puis Sciences Po et l'ESSEC. "La vie, c'est le travail, un peu de folie, et beaucoup de hasard", résume-t-il, lui qui se définit avec le recul comme un "survivant de la méritocratie républicaine".Elu en 2022 à l'Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy a dû lutter pour devenir un orateur reconnu. Il confie avoir souffert de bégaiement et de problèmes d'élocution dans sa jeunesse, dont il garde aujourd'hui "un léger chuintement". Il est aujourd'hui l'un des porte-paroles les plus sollicités du RN.Son homosexualité, Jean-Philippe Tanguy explique l'avoir vécue comme une évidence, "sans difficulté particulière", tout en évoquant l'homophobie latente rencontrée dès le collège. Un livre l'a accompagné : Les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar. "Quand vous êtes accompagné par Yourcenar, vous vivez, vous vivez la liberté sexuelle comme une bénédiction." Il écarte toute contradiction à s'être engagé dans un parti, le RN, héritier du Front national de Jean-Marie Le Pen qui qualifiait l'homosexualité d'"anomalie biologique". "Jean-Marie Le Pen, ce n'est pas ma famille politique", balaie-t-il. Il revendique un "droit à l'indifférence" au sein du mouvement qu'il a rejoint, séduit par la figure de Marine Le Pen. "Je pense que beaucoup d'entre nous se reconnaissent dans les les failles, dans la sensibilité qu'elle exprime." Marine Le Pen, pourtant, soutient ostensiblement Viktor Orban, l'ancien Premier ministre hongrois qui a fait interdire la Marche des fiertés. "On ne peut pas dire que ce soit les meilleurs moments de ma vie", concède Jean-Philippe Tanguy.Le député Rassemblement reste prudent sur les questions sociétales. S'il a voté pour l'aide à mourir et se dit favorable à l'adoption, Jean-Philippe Tanguy exprime une opposition personnelle à la GPA. "Socialement, c'est quand même une forme de lutte des classes." Mais il reste prudent. "Est-ce qu'un jour, le besoin d'avoir un enfant sera supérieur à mes convictions politiques ? Ce serait bien prétentieux d'y répondre."Ancien proche de Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Philippe Tanguy a rejoint le RN en 2020 avant d'être propulsé directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2022. Auprès de Marine Le Pen, qu'il qualifie de "femme puissante", il a assisté à l'émergence de Jordan Bardella, "un surdoué de la politique". Une force pour son parti, assure-t-il. Selon lui, la question d'une rivalité est un fantasme de commentateurs : "Marine Le Pen nous donne une très grande liberté. En fait, je pense que ce qui l'incarne le mieux, c'est l'émergence de Jordan. Heureusement qu'ils ne soient pas d'accord sur tout. Et heureusement qu'on a Jordan Bardella, c'est vraiment une chance, et Marine Le Pen le vit comme ça."Selon Jean-Philippe Tanguy, la mission confiée par Marine Le Pen à Jordan Bardella, "avant d'être président du parti et peut être candidat si Marine Le Pen est empêchée", est d'"élargir notre spectre politique vers une sensibilité plus à droite" sans pour autant aller jusqu'à "l'embourgeoisement". "La bonne ligne c'est d'élargir, l'embourgeoisement, c'est la perversion d'une bonne idée. Si le RN, malheureusement, devait un jour s'embourgeoiser, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, ce serait fini. C'est ça qui a tué le gaullisme. Pompidou, venant de la banque, embourgeoise le gaullisme, ne voit pas du tout l'aspect révolutionnaire du gaullisme, le dépassement de la lutte des classes. Et Pompidou tue le gaullisme par son embourgeoisement épouvantable."