Chaque année est l’occasion de souligner des anniversaires d’événements au chiffre rond. Il y a 10 ans comme il y a 100 ans, ils ont marqué la petite ou la grande histoire… et trouvent parfois écho dans notre monde actuel. Aujourd’hui, les 50 ans de l’inauguration du Complexe Desjardins, le plus gros projet immobilier de son époque et marqueur incontournable du succès du Québec inc. dans le paysage de la métropole.

« Je pense que tout le monde, de Montréal ou non, a un souvenir du Complexe », affirme Pierre-Olivier Maheux, historien chez Desjardins. La phrase fait d’abord sourciller. L’immeuble, ce produit typique de l’architecture brutaliste des années 1960-1970, où le béton est roi et le brun, omniprésent, aurait-il vraiment marqué l’imaginaire de millions de Québécois ?Il faut regarder en arrière, et redonner un peu de profondeur historique au titan de béton. Derrière son apparente banalité, le Complexe Desjardins semble bel et bien avoir marqué de plusieurs manières la mémoire individuelle et collective des Québécois ; de sa construction à aujourd’hui.Fleuron du Québec inc.Le récit de cet immeuble est d’abord celui d’un succès financier : Desjardins, principale institution financière des Québécois, atteint une certaine ampleur dans les années 1960 et cherche alors à réunir ses employés de la métropole au sein d’un même lieu. « L’actif atteint 1 milliard de dollars en 1964, ce qui était assez important », précise Pierre-Olivier Maheux. « L’institution avait pris une certaine envergure, mais n’avait pas encore de présence marquée à Montréal ».