Idées et débatsVincent BolloréEnquête. Autoproclamée championne de la liberté d'expression à ses débuts, la chaîne de Vincent Bolloré connaît depuis deux ans une fuite en avant dans la radicalité, la polarisation, et l'éviction des voix discordantes.Publié le 07/07/2026 à 18:00bookmarkDepuis un an, l'ex-patronne de Russia Today France ressasse la propagande du Kremlin dans tous les médias du groupe Bolloré.Capture d'écran CNEwsDominique vit seul, dans une grande maison située au cœur d’un village agricole du nord de la Bourgogne. Quand il est devant son poste de télévision, ce retraité passionné d’histoire et de politique zappe d’une chaîne d’information à l’autre. C’est qu’il met un point d’honneur à diversifier les canaux par lesquels il suit l’actualité, pour "ne pas avoir un seul son de cloche". Mais ces dernières années, cet électeur des Républicains le concède volontiers : c’est sur CNews qu’il passe le plus de temps. "Je trouve qu’ils apportent un point de vue intéressant, parce qu’ils disent des choses qu’on n’entend nulle part ailleurs". Un sain rééquilibrage pour une droite qui n’a eu de cesse de fustiger l’hégémonie culturelle de la gauche dans l’écosystème médiatique français. "Combien de fois ai-je entendu des gens me dire 'heureusement que CNews existe !'", se rappelle l’essayiste conservateur Philippe Bilger, ancien habitué des plateaux de la chaîne de Vincent Bolloré et auteur de L’Heure des crocs (L’Archipel). .