Universcience, qui chapeaute également le Palais de la découverte, a accumulé près de 50 millions d’euros de déficit depuis 2020. Les deux musées sont plombés par des chantiers immobiliers majeurs, selon le rapport de la Cour des comptes publié mardi. Le chantier de rénovation de la Cité des sciences et de l’industrie, « tel que défini actuellement pour un coût d’environ 1,5 milliard d’euros », n’est « pas soutenable », estime la Cour des comptes. Photo Nicolas Guyonnet/Hans Lucas/AFP Par Télérama, avec AFP Publié le 07 juillet 2026 à 16h31 Muséographie « vieillissante », stratégie immobilière « dans l’impasse » et situation financière « critique » : la Cour des comptes épingle Universcience, l’établissement qui chapeaute la Cité des sciences et le Palais de la découverte, dans un rapport publié mardi 7 juillet. Principal acteur de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle en France au travers notamment de ses deux musées parisiens, Universcience a accumulé près de 50 millions d’euros de déficit depuis 2020, le mettant face à un risque de « forte tension en matière de trésorerie voire de rupture à très brève échéance », avertit le rapport. La Cour attribue cette situation dégradée à la baisse des ressources propres, durablement affectées par la fermeture du Palais de la découverte pour rénovation depuis 2020 et à une « forte augmentation des rémunérations » de ses 1 000 employés, qui « n’empêche pas un climat social fortement dégradé ». S’y ajoutent deux chantiers immobiliers majeurs. D’un coût de 47 millions d’euros, la rénovation du Palais de la découverte, situé dans une aile du Grand Palais dans le centre de Paris, a été marquée par des divergences stratégiques avec l’opérateur public GrandPalaisRmn, qui ont conduit un temps à envisager son déménagement. Lire aussi (2023) Derrière la grève à la Cité des bébés, le profond malaise de la Cité des Sciences Si la réintégration du musée scientifique dans ses locaux historiques a finalement été actée par le gouvernement fin 2025, sa contribution aux charges du Grand Palais n’est toujours pas tranchée, à quelques mois de la réouverture annoncée pour mars 2027. Or, le montant exigé par GrandPalaisRmn « absorberait la totalité des recettes de billetterie annuelles » du Palais de la découverte, souligne le rapport. Le chantier de rénovation de la Cité des sciences et de l’industrie, dans le nord parisien, « tel que défini actuellement pour un coût d’environ 1,5 milliard d’euros », n’est quant à lui « pas soutenable », estime la Cour. Face à cette impasse, Universcience a engagé une nouvelle étude autour d’une rénovation « frugale », dont une version provisoire prévoyant un coût réduit de moitié a été dévoilée début 2026. Des ministères qui se tiennent à distance Ces estimations sont « encourageantes », jugent les magistrats, qui avertissent qu’elles doivent être « étayées » et appellent à « une implication rapide des ministères de tutelle ». Mais le ministère de la Culture et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace sont « trop distants » vis-à-vis d’un établissement qui « n’est une priorité pour aucun » d’eux, épingle le rapport. Plus largement, la rue Cambon juge qu’Universcience doit « se recentrer davantage sur sa mission d’origine », à savoir la formation à la culture scientifique, technique et industrielle. La Cité des sciences a « privilégié des approches sociétales, écologiques ou ludiques et progressivement perdu le lien avec le domaine de l’industrie », selon la Cour, qui lui reproche un « vieillissement des approches » et s’étonne de l’absence d’exposition sur « les progrès des systèmes d’information, le cloud, les réseaux sociaux, la téléphonie mobile, les satellites de télécommunications ou encore les objets connectés ». Si les critiques de la Cour des comptes sur ce dernier point « méritent d’être tempérées », la présidente d’Universcience, Sylvie Retailleau, souligne partager son « inquiétude » sur le budget, dans une réponse écrite aux magistrats. Le prochain projet d’établissement « fera du fonctionnement interne d’Universcience un axe fort afin de garantir la soutenabilité économique d’Universcience tout en renforçant son attractivité », assure Mme Retailleau, nommée fin 2025. « Au-delà de l’effort inédit que je suis prête à conduire, notamment pour rétablir le solde de fonctionnement, le soutien de l’Etat sera capital dans les prochaines années », avertit la présidente, qui a succédé à Bruno Maquart, démis de ses fonctions sur fond de désaccord sur l’avenir du Palais de la découverte. Sollicité par l’AFP, le ministère de la Recherche n’avait pas encore réagi au rapport. Dans une réponse écrite, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a souligné « souscrire pleinement » à la nécessité de « recentrer les offres d’Universcience sur ces missions initiales », « maîtriser la masse salariale » et « hiérarchiser les projets d’investissements immobiliers ». 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