La Cour européenne des droits de l'homme a estimé mardi que les critiques visant l’impartialité d’un arbitre de football sont couvertes par la liberté d’expression, contrairement aux accusations non étayées de corruption ou de manipulation.

La juridiction strasbourgeoise avait été saisie par des dirigeants du FC Porto, dont l’ex-président Jorge Nuno Pinto da Costa. Tous avaient été condamnés au Portugal à des amendes pour des déclarations diffusées dans les médias, y compris ceux liés au club, mettant en cause certains arbitres ainsi que le système d’arbitrage, après des matches impliquant notamment le Benfica Lisbonne.

Des commentaires tels que "il ne fait aucun doute que (l'arbitre) a un problème d'impartialité", "la carrière de (cet arbitre) a été marquée par de nombreuses décisions injustifiables", avaient été publiés dans un média du club.

"Ces déclarations étaient des jugements de valeur (...) communément exprimés dans le contexte des compétitions de football et qui restaient dans les limites de la critique admissible", juge la CEDH. Elle estime que les arbitres, qui font l'objet d'un "niveau élevé d'attention du public", "doivent, par conséquent, accepter des critiques sévères".