France PolitiqueMarine Le Pen inéligibleJustice. Relaxe, réduction de la peine d'inéligibilité ou confirmation de sa condamnation : chaque scénario aura des conséquences sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027.Publié le 07/07/2026 à 08:29La dirigeante d'extrême droite française Marine Le Pen, députée du Rassemblement national (RN), prononce un discours devant des sympathisants lors d'une fête populaire à Liévin, dans le nord de la France, le 4 juillet 2026.REUTERSMarine Le Pen sera fixée sur son avenir politique, ce mardi 7 juillet. À partir de 13h30, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national). Selon l’accusation, Marine Le Pen et une vingtaine de responsables du parti auraient utilisé les fonds alloués par le Parlement européen pour rémunérer des salariés travaillant en réalité pour le Front national. Le préjudice est estimé à 4,1 millions d’euros sur la période 2004-2016.Ce jugement dira si la cheffe de file du RN pourra briguer l’Élysée une quatrième fois en 2027 ou si elle devra céder la place à son dauphin, Jordan Bardella. De quoi enfin déterminer quelles seront les têtes d'affiche de ce scrutin. En première instance, le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l’avait immédiatement privée de ses droits électoraux. Trois scénarios sont esquissés.L'hypothèse d’une relaxeLa cour d’appel n’est pas liée par les réquisitions du parquet général et pourrait prononcer une relaxe si elle estime que les infractions ne sont pas caractérisées. Les avocats de Marine Le Pen ont plaidé son acquittement, faisant valoir, comme lors du premier procès, qu’elle ignorait les règles encadrant l’emploi des assistants parlementaires européens. Une telle décision lui permettrait de retrouver immédiatement son éligibilité et de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Son avenir judiciaire ne serait toutefois pas définitivement scellé : le parquet général disposerait de dix jours pour former un pourvoi en cassation. Si un recours était déposé, il faudrait alors attendre plusieurs mois supplémentaires, probablement jusqu’au début de l’année 2027, avant qu’une décision définitive ne soit rendue.Une peine d'inéligibilité réduite à deux ansAutre scénario favorable à Marine Le Pen : une condamnation maintenue mais assortie d’une peine d’inéligibilité ramenée à deux ans ou moins. Dans cette hypothèse, la sanction serait entièrement purgée avant le premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 18 avril 2027. L’inéligibilité ayant commencé à courir le 31 mars 2025, elle prendrait fin le 31 mars 2027, soit quelques jours avant l’ouverture de la campagne officielle. Cette décision pourrait, là encore, faire l’objet d’un pourvoi en cassation.Pour être candidate, Marine Le Pen a toutefois posé une autre condition : elle refuse de mener campagne sous bracelet électronique. Elle a ainsi indiqué qu’elle ne se présenterait que si une éventuelle peine de prison était intégralement assortie du sursis. "Si je peux être candidate, je serai candidate, pour peu que je puisse faire campagne", déclarait-elle le 30 juin sur LCI. Reste une interrogation pratique : si son inéligibilité n’expire que quelques semaines avant le scrutin, pourra-t-elle réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires ? Le Rassemblement national estime que ce calendrier ne ferait pas obstacle à sa campagne.Le scénario qui profiterait à Jordan BardellaÀ l’inverse, une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans compromettrait définitivement la candidature présidentielle de Marine Le Pen en 2027. Dans cette configuration, Jordan Bardella deviendrait le candidat naturel du Rassemblement national. La cheffe de file du RN pourrait toujours se pourvoir en cassation, mais une telle procédure risquerait de ne pas aboutir avant l’échéance présidentielle. Consciente de cet enjeu, celle qui par deux fois s'est qualifiée pour le second tour a déjà indiqué qu’elle considérait la décision rendue ce 7 juillet comme déterminante pour sa carrière politique.
Jugement décisif pour Marine Le Pen et son avenir politique : les trois scénarios possibles
Relaxe, réduction de la peine d'inéligibilité ou confirmation de sa condamnation : chaque scénario aura des conséquences sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027.












