Le soir où Étienne a demandé à voir les chiffres
Mardi soir, fin de journée, l'open space s'est vidé sauf Étienne. Étienne tient soixante pour cent de la maison et travaille la semaine dans un fonds qui rachète des éditeurs de logiciels, et il regarde les ERP toute l'année comme d'autres regardent des bilans. Il s'est posé sur le bord de mon bureau, une bouteille d'eau métallique à la main, et il a dit ce qu'il dit toujours quand il sent qu'on est en train de se raconter une histoire. « Sur quoi c'est calé ? »
J'allais lui répondre par un récit. Soixante jours de production solo sur Rembrandt avec Claude Code, l'apprentissage de la doctrine, les rétractations en cours de route, les incidents qui ont durci les règles. La forme déclarative était prête. Mais Étienne ne demande pas un récit, il demande l'inventaire matériel. Alors j'ai ouvert un terminal et j'ai laissé wc -l parler. Cet article est ce que j'aurais dû lui donner sans qu'il ait à me le demander, le bilan chiffré sec, ce qui a marché, ce qui n'a pas marché, ce que je ferais autrement. Pas une success story, pas un cautionary tale. Juste l'audit que personne ne fait sur DEV.to parce qu'on est tous occupés à publier les bouts qui brillent.






