Lire aussiPremiers exercices sur le sable: notre journaliste apprend à orienter l’aile pour capter le vent de manière optimale.© Nicolas Peeters / Melting ProdBorn in HawaïCe sport est né à Hawaï. "Grâce à la houle, il est possible de continuer à surfer sur le foil même lorsque le vent faiblit momentanément. À Hawaï, certains s’en servent pour se déplacer entre deux îles", explique Verbeeck.Est-ce donc plus facile que le kitesurf? "Ce n’est pas forcément plus facile, mais plus accessible. C’est aussi plus sûr dans la mesure où la planche conserve sa flottabilité: même si le vent tombe, vous pouvez toujours regagner le rivage. Autre avantage: l’aile est reliée à votre poignet par une attache de sécurité. Si vous la lâchez, elle ne vous entraîne pas, elle flotte simplement à la surface comme un drapeau."Si le wingfoil s’est imposé si vite en Belgique, c’est notamment grâce au vent. "En planche à voile, il faut six à sept Beaufort de vent pour vraiment s'amuser. En kitesurf, le seuil est plus bas, mais là aussi, on dépend des directions de vent spécifiques."Avec le wingfoil, c’est différent. "On peut déjà naviguer à partir de trois à quatre Beaufort. Et il est également possible de sortir par vent de terre, ce qui est souvent difficile, voire impossible, en kitesurf. Avec un kite, il faut suffisamment de vent pour pouvoir revenir en toute sécurité sur la plage. En wingfoil, les contraintes sont bien moindres. Et puis, la discipline se pratique aussi bien en mer que sur des lacs ou des plans d’eau intérieurs."Laurent Verbeeck s’est mis au wingfoil il y a environ quatre ans. "J’ai pour principe de tester moi-même tous les sports nautiques dont je vends le matériel dans ma boutique. C’est le père de Loyd qui m’a appris le wingfoil. J’ai été conquis directement. Même si la voile reste mon premier amour", poursuit Verbeeck.© Nicolas Peeters / Melting ProdDe 12 à 70 ans et plusL’accessibilité de la discipline joue un rôle essentiel dans son succès. "Le wingfoil séduit un large public parce qu’il est plus décontracté et un peu plus tranquille que le kitesurf. Le wingfoil est au sport nautique ce que le padel est aux sports de raquette: nul besoin d’être un expert pour prendre du plaisir." Autre point commun: il attire toutes les générations. "Nous avons ici des enfants de douze ou treize ans, et notre doyen a aujourd’hui plus de septante ans."Le wingfoil séduit aussi bien les hommes que les femmes, les habitants de la côte que les propriétaires de résidences secondaires. Laurent Verbeeck constate toutefois la présence d’un nombre étonnamment élevé d’entrepreneurs parmi les adeptes, comme par exemple Christian Van Thillo, executive chairman de DPG Media."C’est un sport qui vous rend véritablement injoignable. On passe une heure ou deux en mer, sans téléphone ni contact avec le monde, et on éprouve un sentiment de liberté. Toute l’attention se porte sur le vent et les vagues. Pour beaucoup, c’est la seule manière de réellement déconnecter", explique Verbeeck.Lire aussiLe passionné de sports nautiques Loyd De Noyette donne la démonstration et file au-dessus de l’eau à 27 km/h.© Nicolas Peeters / Melting ProdAttention aux médusesAprès avoir longuement répété les gestes avec l’aile sur la plage, le moment est venu de me jeter à l’eau. J’entre dans la mer du Nord. "Seize degrés, une température agréable. En plus, c’est marée basse: des conditions idéales pour les débutants", me lance Laurent Verbeeck. Pour être honnête, c’est avec une certaine appréhension que je m’avance dans l’eau. Une chute au Sri Lanka en décembre m’a valu un pied cassé et des ligaments déchirés. C’est la première fois depuis l’accident que je m’essaie à un nouveau sport. Mais après avoir consulté le kinésithérapeute, me voilà rassurée. "Si vous tombez de la planche, vous tomberez dans l’eau sur le dos. Le risque de vous blesser à nouveau au pied me paraît donc limité", explique Jeroen Heusinkveld, kinésithérapeute. "Attention aux méduses, il y en a beaucoup!", me crie Verbeeck depuis la mer. Il maintient fermement ma planche pendant que j’essaie d’y monter. "Mettez-vous à genoux, puis essayez de redresser l’aile." L’aile est attachée à mon poignet par un cordon et on peut la ramener vers soi en tirant simplement sur dessus. J’applique ce que j’ai appris sur la plage: saisir l’aile sur le côté pour la faire basculer. Le geste paraît simple, mais avec ce vent soutenu, c’est en réalité l’étape la plus délicate.Une fois l’aile bien en main grâce à la poignée gauche, je place la main droite sur la barre horizontale qui sert de guidon. "Maintenant, gardez l’aile bien à plat au-dessus de votre tête", explique Verbeeck. Abdominaux contractés, bras tendus: l’aile vient alors se poser naturellement sur le vent. "Lâchez la poignée gauche et placez cette main sur la barre." Plus facile à dire qu’à faire. Incapable de maintenir l’aile, je la lâche. Je suis éjectée de la planche et termine dans l’eau. C'est mon premier plongeon de la journée.Le secret se niche juste sous la surface: dès qu’il atteint une vitesse suffisante, l’hydrofoil soulève la planche hors de l’eau, permettant au surfeur de littéralement voler au-dessus des flots.© Nicolas Peeters / Melting ProdL'adrénalineJe tombe finalement encore deux fois à l’eau, toujours au même moment critique. Entre-temps, j’ai dérivé trop loin de la plage et de mon point de départ. Il faut nager pour regagner la plage. Au loin, je vois Loyd De Noyette voler au-dessus des vagues, enchaînant les figures sous l’objectif de mon photographe. À quelle vitesse va-t-il? "Au moins quinze nœuds, soit environ 27 kilomètres à l’heure.""Ce n’est pas forcément plus facile que le kitesurf, mais c’est plus accessible. C’est aussi plus sûr, dans la mesure où la planche conserve sa flottabilité."Nouvelle session, nouvelles chances. J'y retourne cette fois avec un peu plus d’assurance. Il faut bien l’avouer: j’y prends secrètement goût. Les vagues qui me bercent sur la planche, la brise marine et l’adrénaline qui parcourt mon corps. Même si je pousse des cris en apercevant des méduses nager sous ma planche. J’applique toutes les consignes de Laurent Verbeeck. "Maintenant, mettez-vous à genoux, puis relevez-vous. Cette fois, ça va marcher!" Et en effet, je parviens à me mettre debout sur la planche et à glisser au-dessus des vagues. La sensation est incroyable. Malheureusement, ce moment de grâce est de courte durée. Quelques instants plus tard, je retombe à l’eau.Lire aussi© Nicolas Peeters / Melting ProdLes félicitations du coachMais je continue d’essayer, cette fois en direction de la côte. L’exercice est plus difficile: je ne vois pas les vagues arriver et dois me redresser en prenant appui sur mon pied blessé. Malgré les encouragements, je ne parviens plus à me remettre debout. Je poursuis donc à genoux, pagayant vers le rivage, jusqu’à ce qu’une vague plus forte que les autres finisse par me faire chavirer. Ça suffira pour aujourd’hui.Au total, je serai restée quarante minutes en mer. Bilan: quatre chutes, une seule tentative réussie debout sur la planche et aucune piqûre de méduse. "Très bien joué", me lancent les deux hommes une fois de retour sur la plage. "Il est rare que quelqu’un qui monte pour la première fois sur une planche parvienne à se mettre debout. Franchement, bravo!"Avant de prendre congé, je leur pose encore une dernière question: qui a le plus de chances de remporter L’Aperçu Wingfoil Cup? "Loyd, évidemment", répond Verbeeck en riant. "Lui et ses amis comptent parmi les meilleurs wingfoilers de Knokke, et même bien au-delà."L’Aperçu Wingfoil CupL’Aperçu Wingfoil Cup est le circuit de référence du wingfoil en Belgique. Cet été, plusieurs compétitions se dérouleront dans différents clubs du littoral belge. Chaque résultat comptera pour le classement général. La saison a débuté le 7 juin au club Surfers Paradise, à Knokke-Heist.◆ 27 juin – Anemos Beachclub, Zeedijk-Duinbergen (Knokke-Heist)◆ 11 juillet – Twins Club, Driftweg (Bredene)◆ 25 juillet – Royal Belgian Sailing Club (RBSC) Duinbergen, Zeedijk (Knokke-Heist)◆ 1er août - Surfers Paradise, Zeedijk-Het Zoute (Knokke-Heist) | www.l-apercu.comLire plusÀ Knokke, découvrez la nouvelle maison de l’architecte d’intérieur Charlotte VercruysseÀ Knokke, la brasserie Rubens fête ses 100 ans et reste une valeur sûreDeux étoiles Michelin, cinq personnes en équipe: les sous-cheffes qui font briller Cuines 33 à Knokke