À Montréal, le vaste chantier de restauration de la basilique Notre-Dame évolue, mais son coût augmente aussi. Estimée à 50 millions il y a deux ans, la facture est maintenant estimée à près de 100 millions de dollars. L’aide financière publique étant très limitée, la Fabrique de la paroisse Notre-Dame doit faire preuve d’imagination pour attirer les dons du public.Dans le premier jubé, les conservatrices s’affairent à faire des retouches sur le plafond aux couleurs défraîchies. L’opération est délicate. Le temps a fait son œuvre, et il faut retrouver les teintes exactes de la peinture pour raviver l’éclat des murs et des plafonds. Ailleurs, des morceaux de plâtre sont tombés et il faut combler les cavités.Lancés en 2017, les travaux de restauration de la basilique ont débuté avec les façades. Il a fallu remplacer de nombreuses pierres sur les deux tours. Les travaux de la tour Ouest sont terminés, mais sa tour jumelle est encore cachée derrière les échafaudages. À l’intérieur, les équipes s’affairent dans le jubé.

De surprise en surpriseCe chantier majeur réserve constamment des surprises. Michel Issa, chef de la direction de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame, évoque les « tant qu’à y être », ces travaux imprévus qu’il vaut mieux faire tout de suite pour profiter de la présence des équipes spécialisées et des échafaudages. « Tout ce qu’on vous dit aujourd’hui peut changer dans un an, malheureusement. On fait des découvertes continuellement à chaque fois qu’on se penche sur une section ou un élément à travailler », explique-t-il.Il a fallu changer quatre fois plus de pierres que prévu sur la tour ouest et le scénario risque de se répéter pour la tour est, signale Mathieu Verreault, directeur des opérations de la basilique Notre-Dame. « Plus on travaille, plus on découvre des trucs », dit-il.Ces imprévus, ainsi que d’autres considérations, comme l’inflation et une évaluation plus précise des travaux, font en sorte qu’aujourd’hui, la facture du chantier a grimpé à 100 millions de dollars, au lieu des 50 millions évoqués en 2024. « L’évaluation qu’on avait en 2024 était principalement pour l’extérieur », explique M. Issa. « Là, on a vraiment fait un travail exhaustif pour mieux comprendre l’ampleur de ce qui doit être fait à l’intérieur. » C’est DL Héritage qui réalise les travaux de restauration sous la supervision de la firme d’architectes DFS.