Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sport Sport Sport Une balle dans le pied Une balle dans le pied Une balle dans le pied Préférer l’antijeu au jeu, comme le Paraguay contre la France, c’est moche mais cela fait partie du jeu. Et c’est peu efficace. Article réservé aux abonnés La star de Paraguay-France n’aura donc pas été un des attaquants prodiges de l’équipe de France, mais l’arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev, au centre de la quasi-totalité des récits de la rencontre. En cas de (très improbable) élimination, il n’y en aurait probablement eu que pour lui et pour « l’injustice » qu’il aurait infligée aux plus méritants. Les adversaires des Bleus ont en effet montré l’étendue de leur panoplie : coups de coude, mains dans le visage, poussettes, simulations, fauchages à retardement du passeur – tous gestes sous le seuil de visibilité ou de sanction. Grâce à cette habileté, à la doctrine du « laisser jouer » en vigueur durant ce Mondial et au laxisme coupable de l’arbitre, la confrontation s’est achevée avec seulement trois cartons jaunes… pour les Français. Cependant, si l’on peut réprouver le refus de jeu et le vice des Paraguayens, l’un et l’autre font partie du football. C’est en sacrifiant l’esprit et la beauté que les « petits » battent parfois les « gros » dans ce sport divinement aléatoire. Il faut se méfier d’une morale méritocratique qui voudrait toujours donner la victoire au plus fort, et qui prospère déjà – dans le football de clubs – au travers de tout ce qui réduit l’incertitude sportive au profit des puissants. Savoir « jouer sale » Les Paraguayens ont bien joué les coups, et bien joué le coup : ils ont fait preuve de malignité, mais aussi d’une rare qualité défensive, faite d’abnégation, de solidarité et de maîtrise d’une situation de siège parfaitement assumée. Les équipes latino-américaines sont en mission, l’interprétation de l’hymne ayant donné une idée de l’exaltation paraguayenne. L’exploit devient possible. Ou presque. Car en jouant avec la limite, les hommes de Gustavo Alfaro ont pris l’ascendant sur l’arbitre, mais pas sur leur adversaire. Donnant le sentiment qu’ils ne pourraient jamais marquer, leur objectif de parvenir aux tirs au but s’est avéré chimérique. Ni la chaleur ni l’arbitre n’auraient fourni d’excuse suffisante aux Tricolores s’ils avaient échoué. Il vous reste 56.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.