Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, l’Ukraine a observé la déportation ou le déplacement de force de 20 610 enfants ukrainiens vers des territoires contrôlés par la Russie. Une commission de l’ONU a conclu qu’il s’agit là d’un crime contre l’humanité. Pendant que la justice internationale suit son cours, des pays comme le Qatar et le Canada s’activent pour permettre à un maximum d’enfants ukrainiens de rentrer chez eux.Le constat de la Commission d’enquête des Nations unies sur l’Ukraine est sans équivoque : les autorités russes « ont déporté et transféré de force des enfants » dans le cadre d’un « plan soigneusement organisé » et « mis en œuvre au plus haut niveau du gouvernement russe et des autorités régionales, y compris dans les territoires occupés » par la Russie, a tranché en mars son président, Erik Møse.Selon les autorités ukrainiennes, 2274 enfants ont pu être rapatriés depuis le début de la guerre, en février 2022. La Commission de l’ONU a elle-même observé la déportation et le transfert de 1 205 enfants ukrainiens, et dit être au courant de nombreux autres cas. Quatre ans après le début de la guerre, environ 80 % de ces enfants ne sont toujours pas revenus, a précisé M. Møse.« Nous ne savons pas exactement où se trouvent ces enfants : à Moscou, à Saint-Pétersbourg, quelque part en Sibérie ou ailleurs. Les autorités russes ne communiquent aucune information à leur sujet », souligne au Devoir Myroslava Kharchenko, avocate en chef de Save Ukraine, une organisation vouée au rapatriement et à la réhabilitation des enfants transférés en Russie ou vivant dans des territoires occupés.