Alors qu’il répétait que tout pipeline albertain devrait être financé exclusivement par le secteur privé, Mark Carney a finalement fait volte-face en acceptant l’injection de fonds publics. Un revirement qui ne passe pas auprès des partis d’opposition.« C’est une grande victoire de la part des pétrolières et de l’Alberta, qui ont fait plier le gouvernement. Il trahit lui-même sa parole devant les électeurs, à qui il avait promis qu’il n’allait pas financer un nouveau projet de pipeline », dénonce le porte-parole du Bloc québécois en matière d’Environnement, Patrick Bonin, au bout du fil avec Le Devoir.De passage à Calgary, jeudi soir, le premier ministre canadien a annoncé que le fédéral prendrait en charge une partie des coûts d’un nouvel oléoduc menant vers la côte sud de la Colombie-Britannique.Ce n’était pourtant pas le plan présenté au départ. Le protocole d’entente entre le fédéral et le gouvernement albertain, signé l’automne dernier, prévoyait « la construction d’un ou plusieurs oléoducs financés et construits par le secteur privé ».Mark Carney soutient désormais que ce partenariat public-privé est nécessaire pour offrir « la certitude de pouvoir se développer » aux entreprises privées.