Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Porno chic, culte de la maigreur et télé-réalité… Dans son essai « Girl on Girl », la journaliste Sophie Gilbert analyse la manière dont l’industrie du divertissement des années 1990 et 2000 a retourné toute une génération de femmes contre elles-mêmes sous le couvert d’une pseudo-émancipation. Article réservé aux abonnés Livre. Dans les années 1990 et 2000, l’industrie du divertissement adressait aux filles un seul message : « Le sexe est notre monnaie d’échange, notre objectivation nous donne du pouvoir, on ne mérite pas d’être prises au sérieux », écrit la journaliste d’origine britannique Sophie Gilbert dans un passionnant essai traduit en français par Hélène Frappat et intitulé Girl on Girl. Comment la pop culture a retourné une génération de femmes contre elles-mêmes (Actes Sud, 304 pages, 23,50 euros). Pour parvenir à cette conclusion, l’autrice, qui travaille aux Etats-Unis, mobilise un corpus très dense : télé-réalité, clips, culture Internet, séries télévisées et presse people, tous tirés de la culture populaire anglo-saxonne, et donc mondiale. Ce moment si particulier de la culture pop, estime-t-elle, s’inscrit dans le sillage du postféminisme, le retour de bâton qui se prépare tout au long des années 1980 contre un militantisme féministe jugé menaçant. L’objectivation et la marchandisation du corps féminin font alors un retour sous le couvert de l’émancipation et de la revendication d’une sexualité affirmée. C’est le triomphe de l’esthétique « porno chic », qui se traduit par une profusion de productions culturelles consacrées au strip-tease, à l’exhibition, au fétichisme – à l’image du rappeur américain Snoop Dogg arrivant à l’édition 2003 des MTV Music Awards avec deux femmes tenues en laisse. Il vous reste 74.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
De Britney Spears à Bridget Jones, comment la culture populaire a appris aux femmes à ne pas s’aimer
Porno chic, culte de la maigreur et télé-réalité… Dans son essai « Girl on Girl », la journaliste Sophie Gilbert analyse la manière dont l’industrie du divertissement des années 1990 et 2000 a retourné toute une génération de femmes contre elles-mêmes sous le couvert d’une pseudo-émancipation.







