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ReportagePour la deuxième année, plus de 28 000 hectares de vignes seront arrachés en France, contre indemnisation pour les viticulteurs. Dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales, la mesure redessine les paysages et les pratiques.

De part et d’autre de l’A61, qui plonge vers le littoral méditerranéen, un même paysage se dessine. Une sorte de damier végétal apparaît dans les vallées habituellement verdoyantes des Corbières et des plaines du Minervois, avec, ici et là, la présence de grandes parcelles beige clair, de forme rectangulaire. Les deux grandes appellations du département de l’Aude connaissent une vaste opération d’arrachages de leurs vignes. Et ces taches claires sont les nouveaux terrains vierges.

Si cette campagne concernera 28 000 hectares en France en 2026, la région Occitanie sera la plus touchée, avec 15 000 hectares, dont 4 900 dans ce seul département. Déjà, en 2024, 27 000 hectares avaient disparu lors d’un premier plan financé par l’Etat et l’Europe, assorti d’une prime de 4 000 euros par hectare octroyée aux viticulteurs. Des mesures engagées pour répondre à une profession en crise. Baisse générale de la consommation de vin, sécheresses à répétition, concurrence étrangère, hausse des prix de l’énergie, conjugués à une « avalanche de normes et de taxes qui vont [la] tuer », affirme Jérôme Despey, vice-président national de la FNSEA.