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DécryptageComment concurrencer les réseaux américains ou chinois ? De nombreuses aventures ont jusqu’ici mené à des échecs ou à des succès mineurs. Mais alors que l’on parle plus que jamais de souveraineté numérique, des initiatives continuent à voir le jour, en quête d’appui des pouvoirs publics.

Cela ne s’est pas passé au fin fond d’un garage, comme le veut souvent la légende. Mais en partie dans un incubateur à Caen, en Normandie, et surtout dans la tête de citoyens engagés. Lassés des dérives occasionnées par les plateformes comme Facebook, Instagram ou TikTok, Bruno Leralu, chef de projet innovation au Crédit agricole, son fils Thomas, ingénieur, deux autres associés minoritaires et quelques amis – au total, une vingtaine de bénévoles – décident, en 2021, de lancer Qwice, un réseau « antidote » favorisant des échanges constructifs.

« Nous avons listé tout ce qui nous indigne chez les grands réseaux pour essayer de trouver à chaque fois des innovations pour les contrer », raconte Bruno Leralu. Au menu, un « IA score » qui permet de déceler les images ou les vidéos générées par l’intelligence artificielle, des fonctionnalités pour réduire la propagation et la visibilité des fausses informations, des mécanismes de lutte contre la violence en ligne… Cinq ans plus tard, le réseau embryonnaire connu par le seul bouche-à-oreille rassemble 13 000 inscrits et prépare une levée de fonds pour une campagne marketing nationale.