Auteur de 5 arrêts face à l’Angleterre hier soir, Lionel Mpasi a reçu les éloges d’Harry Kane malgré l’élimination de son équipe en seizièmes de finale. « Félicitations au gardien de la RD Congo, bravo à lui. Il a réalisé de superbes arrêts », s’est exprimé le double buteur anglais après le match.C’est loin d’être l’unique performance du portier congolais dans cette Coupe du monde. Déjà décisif face à la Colombie, Mpasi aura rassuré les Léopards en réalisant 15 arrêts dans cette édition et en se plaçant provisoirement comme le 7ème meilleur gardien du tournoi. Ses performances exceptionnelles en sélection viennent contraster avec son statut de remplaçant en club.« C’est bien de le voir réussir ailleurs »Lionel Mpasi-Nzau, né en France, fait ses classes à Meaux, à l’US Torcy où il est qualifié comme « gentil, souriant et toujours respectueux » par son club. À 14 ans, il rejoint les jeunes du PSG. « On n’est pas surpris que le PSG se soit intéressé à lui. Il avait déjà une grande visibilité et les qualités pour ce club » explique Tarek Sakali, l’actuel entraîneur de l’US Torcy. Avec eux, il remporte en 2011 la finale du Championnat de France des moins de 17 ans. Cette réussite bienvenue lui accorde les faveurs du Toulouse FC.Là-bas, le jeune gardien ne dispute que 23 matchs avec l’équipe réserve où il joue sans éblouir, signant tout de même 10 clean sheets. Jean-Baptiste Jammes, rédacteur en chef du journal LesViolets se remémore son passage. « Je l’ai vu jouer sur une dizaine de rencontres et je n’en ai jamais entendu du mal. À ce moment-là il y avait plus fort au club. Il n’a pas marqué l’histoire du Téfécé mais c’est bien de le voir réussir ailleurs. » Le Pitchoun quitte le club en 2015.À voir aussiUne carrière sinueuse en clubAprès un an au chômage, Lionel Mpasi signe à Rodez en 2016. Laurent Peyrelade, son ancien entraîneur, raconte ses débuts : « Il nous a rejoints en étant blessé mais nous a assuré que tout allait bien, plaisante-t-il. Lionel s’est toujours accroché à ses rêves, qu’il soit sur le banc ou non. Je ne l’ai jamais vu baisser les bras. Positif et à l’écoute des autres, c’est un rayon de soleil. Il est la preuve vivante que la bienveillance n’empêche pas l’ambition. »Lionel Mpasi devra attendre jusqu’en 2021 avant d’être titularisé en championnat. C’est à cette période, lors de ses retrouvailles avec Toulouse en Ligue 2, qu’il fait face à des insultes racistes lors du derby Rodez-TFC. « C’était un acte détestable, rappelle Jean-Baptiste Jammes, ça a gâché son retour au Stadium. » Ces propos lui ont « fait beaucoup de mal » avait-il réagi.En 2026, après 137 matchs il se décide à quitter l’Aveyron pour rejoindre Le Havre, pensionnaire de Ligue 1, comme second gardien derrière Mory Diaw, international sénégalais.« Ses performances ne me surprennent pas »Malgré toutes les difficultés traversées au cours de sa carrière, le Congolais de 32 ans a tout de même une bonne étoile en la personne de Cédric Bakambu, qui le convainc de rejoindre les Léopards en 2021, lui qui ne rêvait que des Bleus jusque-là. Une décision qui sera le tournant de sa carrière internationale.Titularisé pour la première fois en 2022 contre le Bahreïn, par Hector Cuper, l’ancien entraîneur du RD Congo, il enchaînera les sélections sous Sébastien Desabre, qui lui accorde davantage sa confiance. En 2024 il participe à la Coupe d’Afrique des nations, mais c’est le 16 novembre 2025 où il épate son pays. Lors du match face au Nigeria (1-1), pour les barrages des qualifications au Mondial, il demande à se faire remplacer par Timothy Fayulu avant la séance de tirs au but. Un choix payant puisque le gardien entrant arrête trois tentatives. « Il connaît la valeur du sacrifice pour être à ce niveau-là, estime Laurent Peyrelade. Les gens le découvrent à la Coupe du monde, mais ses performances ne me surprennent pas ». Si Lionel Mpasi a travaillé dans l’ombre toutes ces années, ses récentes prouesses auront servi à le mettre en lumière sur la scène internationale.