Le long métrage s’ouvre sur une citation d’Oscar Wilde : « Il faut toujours être amoureux. Voilà pourquoi il ne faut jamais se marier. » L’heure et demie qui suit en fait la démonstration, sur un ton incisif et mordant où l’audace va main dans la main avec l’humanité. Pas de cynisme, ici, mais une impression de vérité — donnée tant par ce qui est dit (et crié et raconté et pleuré et ri) que par la façon dont tout cela est dit (etc.).Présenté au dernier Festival du film de Sundance, The Invite (L’invitation en V.F.) est un remake du film espagnol Sentimental, de Cesc Gay (une adaptation de sa propre pièce de théâtre). Depuis 2020, le film a été refait en Italie, en Suisse, en Corée du Sud et en France (Et plus si affinités, d’Olivier Ducray et Wilfried Méance). C’est dire l’universalité du propos. Il était donc temps (!) que l’Amérique (celle qui est au sud de notre frontière) se penche dessus. C’est chose faite (et très, très bien faite) grâce à la multitalentueuse Olivia Wilde (aucun lien de parenté avec le grand Oscar), qui a travaillé sur un scénario de Will McCormack et Rashida Jones.

Rappelons que quand elle en a eu assez de jouer les (belles) potiches et, donc, des rôles quasi muets, entre autres aux côtés des Garrett Hedlung (Tron: Legacy) et Daniel Craig (Cowboys & Aliens), et voyant (déjà) venir le temps (et l’âge) où même le « faire-valoirisme » ne lui serait plus accessible (!), Olivia Wilde s’est tournée vers la réalisation. Elle a notamment pris tout le monde par surprise avec Booksmart, pétillante, brillante et touchante comédie féministe sur le passage à l’âge adulte sortie en 2019.Si la cinéaste de maintenant 42 ans a trébuché sur Don’t Worry Darling (plombé par un scénario faible et des scandales qui n’avaient rien à voir directement avec le cinéma), elle revient en forme et en force avec The Invite. Titre qui aurait d’ailleurs pu se décliner au pluriel, puisqu’il y en a deux, des invitations. Celle à prendre un verre dans leur appartement fraîchement rénové qu’Angela (Olivia Wilde) et Jo (Seth Rogen) font à leurs voisins du dessus ; et celle… disons épicée, que Pina (Penélope Cruz) et Hawk (Edward Norton) leur font en retour. Pensons à Splitsville, de Michael Angelo Covino, en moins burlesque et plus réaliste.