Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Débats Débats Débats La richesse ne se décrète pas uniquement à l’inventaire des biens possédés et accumulés, observe la philosophe Mélanie Plouviez dans un entretien au « Monde ». Depuis l’Antiquité, elle se réalise également dans une position sociale, des rapports de domination, de dépendance et d’honneur. Article réservé aux abonnés Mélanie Plouviez est professeure de philosophie sociale et politique à l’université Côte d’Azur, directrice du Centre de recherches en histoire des idées. Elle a publié L’Injustice en héritage. Repenser la transmission du patrimoine (La Découverte, 2025). A quand remonte l’apparition des premiers riches dans nos civilisations ? Il est difficile de répondre par une date précise, parce que tout dépend de ce que l’on appelle « riche ». Entendu comme celui qui possède plus que les autres, le riche est sans doute une figure très ancienne. Mais la richesse au sens fort ne se réduit pas à un écart quantitatif : elle commence lorsque des biens peuvent être accumulés, conservés et reconnus comme la propriété durable de certains individus, de certaines familles ou de certains groupes. La richesse apparaît donc lorsque la possession cesse d’être un avantage ponctuel pour devenir une position sociale. Elle suppose un surplus, mais aussi des institutions sociales qui transforment cet avantage en inégalité durable. Le riche n’est pas riche tout seul : il l’est dans un monde social qui reconnaît ce qu’il possède, le protège et lui donne des effets sur la vie des autres. Il vous reste 89.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.