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ReportageEn Cisjordanie, l’étranglement financier de l’Autorité palestinienne par Israël, conjugué à la multiplication des barrages militaires, plonge la société dans une paupérisation sans précédent. A Naplouse, poumon économique du territoire occupé, tous les milieux sont confrontés au recul brutal du niveau de vie.
De la fenêtre de son salon dépouillé, meublé de quelques fauteuils marron usés, la famille Shanabli a sous les yeux son ancienne maison. Une élégante bâtisse au toit de brique pyramidal, dans le quartier ouest de Rafidia, à Naplouse… Une vue devenue un supplice. Diaa, le père, a dû la vendre à bas prix pour subvenir aux besoins de sa famille.
« Cette maison, c’était le fruit de douze années de travail et d’un prêt bancaire. Je l’ai vendue il y a un an et demi, avec tous nos meubles. Aujourd’hui, nous louons cet appartement », raconte cet homme de 44 ans aux traits tirés. « Ici, c’était déjà meublé du strict nécessaire. Mais nous ne pouvons rien acheter, pas même des rideaux pour couvrir les fenêtres. En hiver, nous n’avons pas de quoi nous chauffer », se lamente son épouse, Nisrine. Le couple a trois enfants : Hadeel, 18 ans, Amjad, 16 ans, et Yara, 14 ans.






