Plusieurs membres d’une même famille ont été mis en examen pour meurtres, traite des êtres humains et séquestrations dans le cadre d’une enquête sur la disparition inquiétante de deux militaires dans la région de Toulon (Var), indique le procureur de la République de Toulon ce mercredi, confirmant une information de Var-Matin.Tout a commencé en 2022, après la disparition d’un jeune militaire, Jacques Pakeso, au mois de mai, alors que celui-ci effectuait « ses classes au sein de la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer », dans le Var, développe le procureur Raphaël Balland dans un communiqué. L’homme, né en 1988 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), n’avait plus donné signe de vie à sa famille depuis.Un an plus tard, c’est la disparition d’un autre militaire, né en 1997 à Papeete (Polynésie française), qui alerte les autorités. L’homme, Mike Gineste, dont la famille n’avait plus de nouvelles depuis mai 2023, « était considéré comme déserteur par la Légion Étrangère depuis le mois de mai 2023, malgré d’excellents états de service et alors qu’il venait de renouveler son contrat ».Des accusations de séquestrationL’enquête s’est alors concentrée sur une famille originaire de Polynésie pour la mère et du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna pour le père et installée dans le Var, après s’être rencontrés en Nouvelle-Calédonie. Cette famille a en effet a hébergé les deux militaires également ultramarins.À voir aussiLe clan, composé du couple parental, de deux fils et deux filles, « avait hébergé plusieurs autres jeunes militaires originaires d’Outre-Mer entre 2011 et 2023 ».« Sept d’entre eux affirmaient avoir été progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, violentés et séquestrés », ajoute le procureur Raphaël Balland.Dans le cadre d’une information judiciaire, les membres de la famille suspecte ont été placés en garde à vue durant 96 heures à la fin du mois de mai.[2/2] Le mystère des meurtres de la RN20ÉcouterDes ossements retrouvésC’est là que l’hypothèse du meurtre des deux soldats disparus s’est renforcée. En parallèle, des ossements « susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus « ont été retrouvés sur deux sites dans le département voisin des Bouches-du-Rhône ». Des expertises approfondies sont toujours en cours pour identifier ces ossements » précise Raphaël Balland.En conséquence, le père, la mère de la famille, ainsi que leurs deux fils et l’une de leurs deux filles ont été mis en examen pour les chefs de « traite des êtres humains commise en bande organisée » et de « séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée ».La mère de famille, ainsi que ses deux fils, ont été aussi mis en examen pour « meurtres » dans l’affaire des deux militaires disparus. Les cinq membres ont été placés en détention provisoire.« La plus jeune des filles » a été « mise en examen uniquement du chef de non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire », précise Raphaël Balland, ajoutant que les « investigations se poursuivent ».Auprès de Nouvelle-Calédonie la 1ere, la famille d’un des militaires disparus a témoigné de son choc en apprenant le possible décès de leur proche ce mercredi. « Aujourd’hui, c’est la presse qui m’annonce que mon fils est décédé. Il y a eu des fuites. Ça nous fait très mal en tant que parents. Où est la preuve ? Il ne faut pas perdre espoir », a déclaré le père du soldat disparu depuis 2022, à Nouméa.