L’inéluctable est désormais officiel : Marcelo Bielsa et l’Uruguay, c’est terminé. L’entraîneur argentin a annoncé en conférence de presse, ce mardi 30 juin, qu’il démissionnait de son poste de sélectionneur de la Céleste. Une décision qui intervient après une Coupe du monde complètement ratée pour l’Uruguay, éliminé en phase de poules après deux nuls face à l’Arabie saoudite (1-1) et au Cap-Vert (2-2) et une défaite face à l’Espagne (1-0).« Cette fin, ces adieux, sont très douloureux, vu les espoirs que j’avais et la façon dont cela s’est mal terminé », s’est ému l’ancien coach de l’Olympique de Marseille. Comme à son habitude, l’Argentin ne s’est pas échappé et a assumé sa part dans cet échec : « Ma responsabilité est très claire, je ne peux pas justifier notre résultat final (…) Si je devais évaluer la performance de l’équipe que j’ai entraînée, je dirais que nous avons déçu les supporters. C’est une immense frustration. »Les suiveurs et médias uruguayens s’attendaient à la décision de Bielsa. Déjà, avant la Coupe du monde, El Loco était chahuté et remis en cause pour ces choix. Toutefois, il a révélé quelques détails étonnants concernant le fonctionnement du groupe et les joueurs appelés durant ce Mondial.« On m’a demandé de réduire le nombre de causeries d’équipe »Marcelo Bielsa a raconté qu’en novembre, après une défaite en match amical face aux États-Unis, le coach argentin s’était réuni avec les leaders du groupe uruguayens, dont Federico Valverde, le joueur du Real Madrid.À voir aussiCes derniers lui avaient alors demandé de revoir sa méthode d’entraînement, ce à quoi El Loco a répondu favorablement : « Les joueurs ont suggéré de ne plus s’entraîner séparément en deux groupes. J’ai accepté sans hésiter parce qu’ils souhaitaient se sentir proches les uns des autres. Et j’étais d’accord avec cet argument. »Autre point encore plus surprenant : les joueurs étaient, vraisemblablement, incapables de se concentrer durant les causeries à rallonge de leur coach. Il a donc dû s’adapter, malgré lui, à la situation : « On m’a aussi demandé de réduire les discussions collectives et les analyses vidéo, que cela ne devait pas dépasser 10 minutes. J’ai toujours pensé qu’analyser les erreurs et les qualités de ce qui a été fait était quelque chose d’avantageux. »Des décisions surprenantes donc, mais El Loco ne se cache pas. Même si les joueurs s’étaient pliés à ces exigences, il estime que « (sa) gestion des ressources dont (il) disposai(t) n’a pas été à la hauteur ». « Je suis convaincu que même en faisant des choix différents, cela n’aurait pas permis d’obtenir des résultats différents », a-t-il ainsi conclu de ce qui pourrait être sa dernière expérience de coach.