01 juillet 2026 15:03La première édition des World’s 50 Best Bars Europe avait lieu à la Kromhouthal d’Amsterdam. Et force est de constater que la moisson n’est pas bonne pour la région Benelux, qui ne parvient à classer qu’un seul bar dans le top 50.Pourquoi les bars belges ne sont pas dans le classement?Nous avons de très bons bars en Belgique! Le plus grand sponsor des 50 Best Bars Europe, la marque d’eau pétillante Perrier, a d’ailleurs choisi un bar belge pour la représenter lors de la cérémonie. Le talentueux Ran Van Ongevalle (Bar Ran, Bruges) y proposait par exemple un très rafraîchissant "African Blue Basil", avec de l’eau pétillante, de la liqueur de sureau Saint-Germain, du jus de citron et un cordial à base de basilic bleu africain qu’il fait pousser lui-même… Tandis que les non moins talentueux Valentin Norberg et Charlie Guilliams, du Botanical by Alfonse à Namur, participaient à une soirée cocktail organisée au bar Pulitzer, dans la capitale des Pays-Bas.Alors, pourquoi les Belges ne sont pas présents dans cette liste très réputée? Pour Hannah Van Ongevalle (Under the stairs, Bruxelles), nous avons "des barmen de talent et des bars de plus en plus intéressants et un pays parmi les plus grands consommateurs de boissons alcoolisées au monde". Mais ce qui pèche pour elle, c’est le manque de soutien de la part des marques, qui n’investissent pas suffisamment pour promouvoir nos bars. Pour Hannes Desmedt, cocréateur du Brussels Bar Show, la raison est aussi à trouver dans le fonctionnement même du classement. "Il n’y a pas assez de votants (Ils sont 300 dans le monde, NDLR) qui visitent la Belgique. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons créé le Brussels Bar Show. Pour avoir plus de reconnaissance à l’international et faire se déplacer journalistes et barmen du monde entier dans les villes belges."Hier soir, des villes moins connues pour leur scène cocktail, comme Bratislava, Tirana ou Cracovie, se sont distinguées. Tout espoir n’est donc pas perdu…Quelle est la prochaine destination européenne pour les fanas de cocktail?Super Lyan in Amsterdam© Kimpton De WittSi Athènes ne bat pas encore Londres ou Barcelone, qui comptent respectivement sept et six bars dans la liste, la capitale grecque affiche cinq bars dans le top 50, comme Paris. Surtout, les deux "meilleurs" bars sont athéniens!À la deuxième place du podium, on retrouve The Bar in Front of the Bar. Né comme un pop-up en 2021, ils proposent toujours des cocktails zéro déchet dans leur comptoir ouvert directement sur la rue et ont, depuis, ouvert un speakeasy où ils proposent des cocktails techniques avec des ingrédients grecs sourcés chez des producteurs locaux. Caractéristiques qu’ils partagent avec le numéro un de la liste, le bar Line, installé dans une ancienne galerie d'art du quartier de Petralona. Ce bar, également classé 8ᵉ dans la liste mondiale The World’s 50 Best Bars 2025, est spécialisé dans les fermentations maison (vins de fruits, bières, pain au levain) et allie cocktails durables et assiettes soignées. Mais qu’est-ce qui fait le succès d’une ville comme Athènes sur la scène du bar internationale? On l’a demandé à un journaliste et expert grec, Fotis Vallatos. "C’est dû à une combinaison de différents facteurs. Il y a d’abord le Athens Bar Show, qui attire un grand nombre de journalistes et de barmans. Ces personnes-là découvrent nos cocktails, à la fois techniques et gastronomiques, mais surtout ils s’amusent dans nos bars, où l’on écoute de la musique, on fait la fête… Nos barmans ont aussi beaucoup investi, d’abord dans les voyages pour s’inspirer, mais ils invitent aussi beaucoup de professionnels du monde entier. Ils ont ainsi créé une véritable communauté autour d’eux."Un bar outsider qui nous a fait de l’œil?Si le très technique et moléculaire Bar Sips de Barcelone clôt le podium à la troisième place, le bar Aldea, 36e et toujours à Barcelone, nous a donné envie de prendre le prochain vol pour la ville de Gaudí…Rencontrés lors du traditionnel Meet The Bartenders organisé durant les 50 Best Bars, Silvia Dorninger et Francesco Falco, cofondateurs d’Aldea, nous ont parlé de leur petit bar chaleureux situé dans le vibrant quartier d’El Born et inspiré par les cénotes mexicains. Ici, chaque cocktail, faible en alcool, est en fait un souvenir. Qu’il s’agisse d’un des leurs ou de ceux récoltés auprès des personnes rencontrées dans différents quartiers de Barcelone.Hannah Van Ongevalle (Under the stairs, Bruxelles)Le très créatif Coral Reef Club mêle un distillat maison de coquilles d’huîtres avec sorbet aneth-framboise, surmonté de cava. À accompagner d’un sando (sandwich japonais). Fille d’agriculteur autrichien, Silvia Dorninger tenait aussi à amener cette dimension dans leur bar, en travaillant avec la ferme de leur ancien chef barman à Girona, où il a des abeilles et fait pousser de nombreuses herbes aromatiques… Une tendance durable, de la ferme à l’assiette, qui est définitivement en pleine croissance dans le milieu du bar. On la rencontre chez nous à Gand, au formidable Jigger’s.Il est temps de se mettre au martini!Ce cocktail n’est pas nouveau, mais il revient en force dans les bars européens! Le dry martini est un cocktail simple à base de gin (ou de vodka, surtout si on l’aime réalisé au shaker comme James Bond!) et de vermouth blanc sec. Il existe quelques garnitures ou variantes classiques, comme l’écorce de citron jaune dans le verre ou l’ajout de jus d’olives vertes, pour obtenir un dirty martini. Lors des événements organisés dans les bars d’Amsterdam, en marge de la cérémonie des 50 Best Bars Europe, on l’a vu sur le devant de la scène un peu partout. Invités au Door 74, les excellents Ago Perrone et Giorgio Bargiani, du Connaught bar à Londres (10ᵉ dans le top 50 des bars européens), en ont fait une démonstration ex cathedra. Ils ont servi un seul cocktail pour lequel leur bar est réputé, accompagné de pizzas: un martini à la texture parfaite à base de vodka Ketel One.Si vous demandez le secret d’un martini parfait, il faut souvent le chercher dans la température de service, environ -16°C, qui va lui donner une texture soyeuse. Ce sont les Freezer martini qu’offre Botanical by Alfonse dans son bar namurois. C’est aussi comme ça qu’ils ont proposé au bar Pulitzer leur no-litchee martini, à base de vodka, vermouth, soju et un mélange de thé du labrador et liqueur de sureau Saint-Germain pour imiter le fruit exotique. Tandis que le bar Moebius à Milan (6ᵉ au palmarès) proposait son incroyable Pesto martini signature lors d’une soirée au Belly of the Beast à Amsterdam. On a aussi beaucoup aimé le dirty martini signé du bar barcelonais Boadas (36ᵉ), à base de gin Mare, fino sherry et jus d’olives vertes. Lire plusNous avons testé 6 restaurants de la série The Bear à ChicagoNos adresses préférées pour boire un verre à BruxellesNos spots préférés pour l’apéro à Anvers