Du surf en animation, la cousine de Superman, un arbre à travers les âges, un trouble auditif… Cette semaine au cinéma, les films jouent avec nos sens. On a tout vu, et voici ce qu’on en pense.1. "In Waves", de Phuong Mai Nguyen★★★★☆De quoi ça parle? À Los Angeles, deux adolescents amoureux voient leur histoire bouleversée par la maladie et se battent ensemble, portés par la passion du surf.Notre avis: Adapté du roman graphique d’AJ Dungo, ce film d’animation transforme un récit sur les origines du surf en une bouleversante histoire d’amour, de deuil et de résilience. D’une grande délicatesse, il tisse ainsi un équilibre subtil entre lumière et tristesse sans jamais sombrer dans le pathos. Sensible, entraînant et émouvant: l’un des plus beaux films d’animation de l’année."In Waves" de Phuong Mai Nguyen2. "La Bataille de Gaulle: J’écris ton nom", d’Antonin Baudry★★★☆☆De quoi ça parle? Isolé sur la scène internationale, De Gaulle se bat pour imposer la légitimité de la France libre face aux alliés et préparer la libération du pays.Notre avis: Suite du diptyque qui s’inscrit dans la même veine que son prédécesseur. Démonstratif et instructif, le film gagne légèrement en tenue mais pas au point de susciter l’enthousiasme. On reste dans les codes d’un téléfilm haut de gamme: solide dans la reconstitution, plus sage dans sa mise en scène et son sujet."La Bataille de Gaulle: J’écris ton nom", d’Antonin Baudry3. "Supergirl", de Craig Gillespie★★☆☆☆De quoi ça parle? Confrontée à un adversaire impitoyable, Kara Zor-El, alias Supergirl, la cousine de Superman, quitte la Terre pour une odyssée spatiale en quête de justice.Notre avis: Quelle déception de voir cette super-héroïne enfermée dans un récit aux enjeux mille fois rebattus. Même son esthétique post-apocalyptique aux faux airs de "Mad Max" ne suffit jamais à donner du souffle à l’ensemble. Heureusement, Milly Alcock ("House of the Dragon") apporte une belle dose de malice et tient le film à bout de bras, mais cela reste trop peu pour faire décoller cette aventure sans relief."Supergirl", de Craig Gillespie4. "Silent Friend", de Ildikó Enyedi★★★★★De quoi ça parle? Dans l’ombre d’un arbre centenaire, trois personnages de différentes époques cherchent leur place dans le monde et tissent des liens inattendus avec le vivant.Notre avis: En traversant trois époques, cette fresque compose une œuvre qui nous reconnecte au vivant autant qu’à nous-mêmes. En regardant l’humain autrement, elle propose ainsi une réflexion pertinente sur notre condition et notre rapport au monde, à travers une expérience de cinéma comme il en existe peu: contemplative, sensorielle et habitée. À ne pas manquer."Silent Friend", de Ildikó Enyedi5. "Le Virtuose" ("Tuner"), de Daniel Roher★★★☆☆De quoi ça parle? Contraint d’abandonner ses rêves de musique à cause d’un trouble auditif, un jeune accordeur de piano voit son don exceptionnel attirer l’attention de criminels…Notre avis: Film de braquage et de malfrats qui apporte un peu de fraîcheur à un genre très balisé, notamment grâce au don singulier de son protagoniste et au charisme naturel de Leo Woodall, aperçu dans le dernier "Bridget Jones" et la série "The White Lotus". Si le scénario repose sur des enjeux assez convenus et sous-exploite le talent de Dustin Hoffman, le tout reste solidement mené. Pas un grand film, donc, mais une proposition honnête."Le Virtuose" ("Tuner"), de Daniel Roher6. "Gohan", de Chayanop Boonprakob, Atta Hemwadee et Nattawut Poonpiriya★★☆☆☆De quoi ça parle? Un chien errant croise des inconnus en Thaïlande et change, à chaque rencontre, le cours de leurs vies.Notre avis: On aurait aimé défendre ce film, mais rien n’y fait. Mise en scène amateur, interprétations en carton et récit sirupeux qui s’étire sans raison: l’ensemble peine à convaincre. Reste un chien absolument adorable, presque trop mignon pour être vrai, mais insuffisant pour justifier près de 2h30 de projection."Gohan", de Chayanop Boonprakob, Atta Hemwadee et Nattawut Poonpiriya