Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Corse Corse Corse Tribune Collectif Dans une tribune au « Monde », un collectif de sénatrices et sénateurs du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) explique les raisons de son soutien au projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026 et qui doit désormais être examiné par le Sénat. Publié aujourd’hui à 08h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Il y a des moments, en politique, où la République doit savoir se regarder en face. Voter l’autonomie de la Corse au sein de la République en est un. Ce n’est pas un renoncement, c’est un acte de confiance. Ce n’est pas une concession, c’est une promesse tenue. Ce n’est pas la fin d’un récit national, c’est la preuve que la France de 2026 est encore capable de transformer ses tensions en institutions. Le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », fruit du processus dit « de Beauvau » engagé depuis 2022 entre l’Etat et les élus insulaires, sera bientôt soumis à notre Haute Assemblée après son adoption par les députés. Nous, sénateurs, l’assumons sans détour : nous le défendrons, nous le voterons, et nous appelons nos collègues, de toutes sensibilités, à ne pas le sacrifier sur l’autel des postures. Depuis cinquante ans, la Corse a connu tous les statuts : le statut particulier de 1982, le statut Joxe de 1991, la collectivité unique de 2018. Et pourtant, la question n’est jamais réglée parce qu’elle est, fondamentalement, politique, et qu’aucun arrangement administratif ne peut tenir lieu de réponse à une question d’identité, d’insularité et de destin. L’indivisibilité n’est pas l’uniformité Trois fois consécutivement, les électeurs corses ont confié l’exécutif de leur île à des majorités autonomistes. Trois fois, la République a fait mine de ne pas entendre. Nous croyons qu’une démocratie qui n’écoute pas ses urnes finit toujours par entendre la rue ou pire. C’est cette leçon que tire le président de la République lorsqu’il propose en 2023 « une autonomie dans la République, mais pas contre l’Etat, ni sans l’Etat ». C’est cette même boussole qui a guidé l’accord conclu avec les élus de Corse en mars 2024. Refuser ce texte, c’est dire à un peuple qui a voté trois fois, qu’il a voté pour rien. Une République qui sait se différencier n’est pas une République qui s’effrite. Nous le disons sans ambiguïté à ceux qui agitent le spectre de la « République qui se fissure » : l’indivisibilité n’est pas l’uniformité. La France n’a jamais été une géométrie plane. Elle est, et elle a toujours été, un archipel institutionnel. Il vous reste 69.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« L’autonomie de la Corse n’est pas un cadeau fait à une île, mais une discipline que la République s’impose à elle-même »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », un collectif de sénatrices et sénateurs du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) explique les raisons de son soutien au projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026 et qui doit désormais être examiné par le Sénat.






