Alors que la plupart des pays européens voient l’extrême droite s’approcher du pouvoir, la Hongrie a un cycle d’avance. Après seize ans de règne du pro-russe illibéral Viktor Orbán, le nouveau Premier ministre conservateur Péter Magyar a mis en route un «changement de régime». Mais la révolution politique a ses limites.

Rien n’aurait pu arrêter la première Marche des fiertés post-Orbán à Budapest. Pas même les 38°C à l’ombre. Samedi 27 juin 2026, des dizaines de milliers de manifestants ont pu défiler librement, petits drapeaux ou grandes banderoles arc-en-ciel à la main. Un an plus tôt, 200'000 personnes avaient bravé l’interdiction imposée par l’ancien Premier ministre, dont le gouvernement a mené une politique répressive contre les personnes LGBT+.Après seize ans de règne du populiste illibéral Viktor Orbán, cette Pride est le signal qu’une nouvelle ère vient de s’ouvrir dans ce petit pays très catholique avec l’élection en avril de Péter Magyar. «Je n’ai pas été élu pour simplement changer de gouvernement, mais pour changer de régime», a déclaré au Monde le nouveau dirigeant conservateur.«La Pride d’aujourd’hui est la preuve la plus récente de ce nouveau départ. Les vents du changement soufflent à travers cette grande nation, et nous les ressentons tous», s’est réjouie la commissaire européenne à l’égalité, la Belge Hadja Lahbib, lors d’une conférence de presse samedi aux côtés du maire de Budapest, Gergely Karacsony. L’édile écologiste avait par ailleurs été poursuivi pour avoir organisé la Marché des fiertés en 2025 malgré l’interdiction. La justice a finalement abandonné les charges début juin.