François, un scénariste sur le déclin, se voit refuser son dernier projet télévisé sous prétexte qu’il est trop hétéronormatif et ne fait aucune place à la diversité. Furieux et bien déterminé à remettre sa carrière sur les rails, il modifie un peu son texte et coche par cynisme la case « transgenre » sur le formulaire de demande de financement.À sa grande surprise, son projet est accepté par les bailleurs de fonds. Pris à son propre jeu, le quinquagénaire devra retourner au bureau sous les traits de Françoise, et prétendre qu’il est désormais une scénariste en transition.Totalement ignorant des questions trans et incapable d’accomplir le mandat demandé, François se présentera à des groupes de discussion de gens de la communauté dans l’espoir de s’inspirer de leur vécu, avant de s’allier à Sarah, une vraie écrivaine trans. Dans la peau de Françoise, l’homme renouera enfin avec le succès, en plus de réparer sa relation avec sa fille adolescente, qui trouve dans cette nouvelle identité l’explication aux nombreux manquements de son père. Or, François devra tôt ou tard payer le prix de cet immense mensonge.
Les scénaristes Gabrielle Boulianne-Tremblay, elle-même trans, et Jean-François Léger (Le guide de la famille parfaite) ont fait le pari audacieux de s’appuyer sur les codes hyperclichés de la comédie romantique pour faire la lumière sur la réalité trans et tenter de rejoindre et d’ouvrir les œillères d’un large public.Le duo évite les écueils avec doigté dans un ballet sans cesse surprenant, parvenant à maintenir une trame narrative reconnaissable — presque réconfortante — tout en évoquant, sans trop le marteler, la violence systémique vécue par la communauté.









