Se retrouver sans emploi du jour au lendemain en raison d’une chute sur la glace, voilà la malchance vécue par Margarita Gerville, une mère de famille de 57 ans. Sans l’aide de la Banque d’aide au loyer (BAL), elle serait peut-être dans la rue aujourd’hui avec ses trois enfants, faute de pouvoir payer son logement.C’est pour aider des gens comme Mme Gerville que la Ville de Montréal a décidé de contribuer à hauteur de 742 500 $ à ce programme géré par la Maison du Père. Ce montant permettra à la BAL d’accompagner 150 ménages supplémentaires. Le programme créé en 2024 offre aux locataires en situation de précarité des prêts sans intérêt pouvant aller jusqu’à 5 000 $, en fonction du loyer à payer et de leur situation financière.« Mon taux de stress et d’anxiété a baissé et beaucoup de nuits sans sommeil ont disparu depuis que j’ai reçu l’aide de la Maison du Père », raconte au Devoir Mme Gerville qui, depuis près d’un mois, reçoit un soutien financier pour l’aider à payer son loyer. Ayant subi une blessure au bras, elle a dû arrêter de travailler et a perdu ses sources de revenus principales.« Si on veut lutter contre l’itinérance à la source, on doit intervenir avant que les gens perdent leur logement. Derrière chaque retard de loyer, il y a souvent une situation imprévue : une perte d’emploi, un problème de santé ou une hausse du coût de la vie », a déclaré lundi la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, par voie de communiqué.« On mise sur une approche concrète, humaine et efficace », a-t-elle soutenu. D’ailleurs, l’éviction constitue une des principales causes d’itinérance visible de la province. La Ville de Montréal veut donc s’attaquer à ce fléau en tentant de prévenir la perte de logement.Plus qu’un simple soutien financier« La Banque d’aide au loyer ne constitue pas un simple instrument de crédit. Chaque demande entraîne une analyse budgétaire, une médiation avec le propriétaire ainsi qu’un accompagnement psychosocial personnalisé, dans le but d’assurer une stabilité résidentielle », a fait valoir Jaëlle Bégarin, présidente-directrice générale de la Maison du Père. Sa collègue, Julie Denis, directrice du Continuum de services cliniques à la Maison du Père, a mentionné que la BAL assure aussi une forme « d’économie circulaire ».