Défilé Doublet, collection printemps-été 2027, à Paris, le 28 juin 2026. DOUBLET
Avec pas moins de 15 designers sur le calendrier de la fashion week homme de Paris, qui s’est achevée le 28 juin, le Japon est surreprésenté par rapport aux autres pays. Aux grands noms des années 1980 (Yohji Yamamoto, Kenzo) se sont ajoutés les turbulents des années 1990 (Undercover, Junya Watanabe) ou les pépites des années 2000 (Sacai). Aujourd’hui, cette école s’enrichit encore avec des promesses qui émergent ou se confirment.
Depuis le lancement de sa marque Doublet, en 2013, Masayuki Ino se fait remarquer avec des shows gentiment punk qui posent, à renfort de trompe-l’œil et de détournement de logos, un regard acide sur le monde contemporain. Sous les voûtes de l’église Notre-Dame-de-Grâce de Passy, au premier regard, on reconnaît des archétypes des métropoles d’aujourd’hui : la lycéenne kawaï court-vêtue, le livreur à vélo, le trader dont les poches du costume débordent de billets, la touriste en goguette en tee-shirts « I love Paris », les tombeurs de filles recouverts de baisers déposés par dizaines au rouge à lèvres…
Mais ce vestiaire dissimule un tour de passe-passe. « Plutôt que de tailler tout ça en coton et en lin, j’ai voulu créer les silhouettes d’une vie quotidienne imaginaire dans des textiles innovants, venus à 80 % du Japon et parfois détournés d’autres industries », explique le facétieux designer. Savoir que cette parade a été développée à l’aide de Nylon fabriqué à base de filets de pêche, de fibres issues de membranes de coquillage ou de fils recréés à partir de papier washi, de tiges de bananiers et même de dioxyde de carbone ne peut que forcer l’admiration.















