Confrontée à la multiplication des chocs climatiques, l’Afrique de l’Est a fait de l’adaptation climatique un enjeu prioritaire des politiques publiques nationales et régionales. Toutefois, ces dernières s’appuient encore largement sur des valeurs seuil et des données de référence non spécifiques aux zones sèches. Pour construire des repères réellement utiles à l’échelle locale, les observations accumulées par les communautés rurales doivent être reconnues comme une source de données indispensable.

La dernière décennie a confirmé l’aggravation des contraintes agro-climatiques en Afrique de l’Est. Dans la Corne de l’Afrique élargie, plus de 58,4 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire au début de 2024. Par ailleurs, certaines zones ont connu en 2025 des déficits pluviométriques majeurs, avec parfois moins de 30 % des précipitations habituelles pendant la saison des pluies d’octobre à décembre.

À l’échelle du continent, l’Afrique se réchauffe à un rythme d’environ +0,3 °C par décennie depuis 1991, soit légèrement plus vite que la moyenne mondiale.

Face à ces évolutions, l’adaptation climatique s’est imposée comme une priorité stratégique pour les pouvoirs publics. Mais encore faut-il disposer de références pertinentes pour décider ce qu'il faudrait restaurer.