Sciences et Santé SantéAlerte caniculeSanté. Alors que les premiers chiffres font état d'une surmortalité déjà importante, les autorités assurent que la catastrophe de 2003 ne se reproduira pas. Mais plusieurs indicateurs et certains spécialistes appellent encore à la prudence.Publié le 29/06/2026 à 09:41©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe Lavieille (Staff) ; PARIS ; 25/06/2026 ; Crédit : Le Parisien/ Philippe Lavieille
Dimanche soir, SOS Médecins comptait plus de trois fois plus de décès constatés lors des visites à domicile.PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPPLa quatrième cellule interministérielle de crise sur la canicule se réunit, ce lundi 29 juin en fin d’après-midi, alors que la température retombe pour la première fois depuis presque dix jours. Le gouvernement tentera d’établir "un premier bilan précis de ce qui a fonctionné et dysfonctionné cette semaine [celle du 22 juin]". Mais aussi de compter ses morts. Selon les premières estimations publiées dimanche par Santé publique France, environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 24 juin par rapport à la mortalité habituellement observée à cette période de l'année.Plus précisément, selon l’agence, alors que la moyenne mensuelle habituelle s’établit autour de 900 à 1 000 décès par jour à cette période de l’année, plus de 1 200 décès toutes causes confondues ont été recensés le 24 juin, puis 1 400 les 25 et 26 juin. Environ 85 % d’entre eux concernent les personnes de 65 ans et plus. Un bilan qui s’alourdira très probablement, les conséquences d’une vague de chaleur continuant souvent encore plusieurs jours après sa fin.La crainte d’une hécatombe comparable à 2003La violence extrême de cette dernière a rapidement provoqué des comparaisons avec celle de 2003, dont le bilan final était, lui, monté… à 15 000 victimes. Le bilan de l’été 2026 pourrait-il continuer de grimper jusqu’à égaler ou dépasser l’hécatombe de 2003 ? La crainte plane depuis plusieurs jours, alors que les températures ont dépassé celles atteintes en 2003 et après la tension exceptionnelle observée au sein du système hospitalier le week-end des 27 et 28 juin.Pour la ministre de la Santé Stéphanie Rist, "même si la canicule est comparable d'un point de vue peut-être météorologique à celle de 2003, on ne sera probablement pas dans la même situation d'un point de vue sanitaire", a-t-elle assuré dimanche sur BFM TV. Avant d’estimer qu’on n’observera "probablement pas la même surmortalité" en raison de l’avancée des "connaissances médicales" ou de "l’organisation de l’Etat et de nos EHPAD, par exemple"."Lundi, on va ouvrir les portes et on va voir..."Si les chiffres sont pour l’heure loin de l’hécatombe de 2003, certains indicateurs invitent à la prudence. Selon Le Monde, dimanche soir, SOS Médecins comptait plus de trois fois plus de décès constatés lors des visites à domicile, après une hausse déjà sérieuse au début du week-end. Santé publique France a également mis en garde : les données disponibles pour l’heure sont "partielles" et "sous-estiment le nombre total de décès" liés à la canicule. La méthode de recensement, basée sur "la remontée des certificats électroniques de décès", permet d’ailleurs pour l’heure "d’enregistrer environ 60 % de la mortalité nationale".D’autres connaisseurs du sujet sont par ailleurs bien plus alarmants que le gouvernement actuel, qui tente aussi d’atténuer les critiques sur le sévère manque d’organisation de l’Etat face au réchauffement climatique et aux vagues de chaleur pourtant anticipables. Sur France info, le député LR et chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, a dépeint un funeste tableau. "Lundi matin, les aides ménagères, les gens qui s'occupent des personnes âgées à domicile vont revenir travailler, ainsi que les familles. On va ouvrir les portes et on va probablement découvrir des gens qui sont soit en très très mauvais état chez eux, qui n'ont pas bu depuis trois jours, qui sont dans la chaleur ou qui sont morts", a-t-il décrit, assurant que "le bilan est loin d'être terminé" et qu’il pourrait être "probablement très très lourd". Les températures pourraient à nouveau dépasser les 35 degrés dans plusieurs régions à partir de la semaine du 6 juillet.












