Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Albanie Albanie Albanie Tribune Fatos Lubonja Ecrivain et journaliste Dans une tribune au « Monde », l’écrivain et journaliste Fatos Lubonja explique les enjeux de la révolution albanaise, où la société civile s’élève contre les projets d’immobilier de luxe menés par le clan Trump autant que contre la politique du premier ministre, Edi Rama, et le poids de la corruption. Publié aujourd’hui à 13h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Pour pleinement saisir les enjeux liés à la mobilisation contre le projet de complexe touristique mégalomaniaque de Jared Kushner et Ivanka Trump sur l’île albanaise de Sazan et la lagune de Zvërnec, un retour historique s’impose. Dans les années 1920, le futur roi Zog Ier est déjà premier ministre en Albanie lorsque le fascisme prend le pouvoir en Italie. La force politique de Zog repose sur sa milice de 200 hommes, et lui-même est issu de familles de propriétaires terriens sous l’Empire ottoman. Un jour, Zog, chef d’une faction en lutte pour le pouvoir, demande au gouvernement italien de financer sa milice et lui propose, en échange, de céder des hectares de forêt en sa possession à la compagnie nationale de chemin de fer italien, s’engageant, une fois au pouvoir, à mener des politiques favorables au royaume d’Italie. La proposition est acceptée. Parallèlement à cette transaction privée, des accords de commerce et de navigation sont conclus entre les deux gouvernements en 1923. Zog devient président de la République deux ans plus tard, avant la signature d’un pacte militaire secret, suivi d’un pacte d’amitié et de sécurité en 1926 avec l’Italie. L’Albanie devient, sous le règne du roi Zog [1928-1939], une semi-colonie italienne jusqu’à son occupation par Rome. Cet événement est fondateur des relations entre un petit pays, ses dirigeants et les puissances ou empires étrangers. De longue date, le destin de l’Albanie et du peuple albanais a été déterminé par la vassalité et par une position périphérique. La vassalité signifiait que les dirigeants locaux tiraient leur légitimité des services rendus au centre de l’empire. Sous l’Empire ottoman, cela consistait à fournir des soldats. La position périphérique, elle, se traduisait par le fait que le centre lui permettait de gouverner selon ses propres règles, fermant les yeux sur ses errements et le blocage des réformes parfois progressistes. Il vous reste 70.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« En Albanie, avec la “révolution des flamants roses”, le peuple refuse d’être réduit à une position de vassalité »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », l’écrivain et journaliste Fatos Lubonja explique les enjeux de la révolution albanaise, où la société civile s’élève contre les projets d’immobilier de luxe menés par le clan Trump autant que contre la politique du premier ministre, Edi Rama, et le poids de la corruption.
La société civile albanese s'oppose aux mégaprojets du clan Trump sur l'île de Sazan, incarnant la résistance à la corruption et à la vassalité envers puissances étrangères. L'instabilité politique dans les Balkans crée risques pour les décisions de localisation d'infrastructures en Europe.











