Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Football Football Football Tribune Patrick Karam vice-président du conseil régional d’Ile-de-France Terrence Khatchadourian cofondateur de Stop Homophobie Julien Pontes cofondateur du collectif Rouge direct L’élu Patrick Karam et les responsables associatifs Terrence Khatchadourian et Julien Pontes estiment, dans une tribune au « Monde », que l’homophobie dans le milieu du ballon rond français ne relève pas d’une dérive incontrôlable, mais d’une défaillance publique persistante de l’Etat, qui a pourtant les moyens d’intervenir. Publié aujourd’hui à 05h50 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La Coupe du monde [qui se déroule jusqu’au 19 juillet aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique] se veut une célébration universelle, un moment d’unité, de respect et de fraternité. Cette image est un leurre, car, derrière les caméras et les discours officiels, le football reste en France l’un des espaces où l’homophobie s’exprime le plus librement, le plus massivement, et presque sans conséquences. Cette situation n’est pas une fatalité : elle découle d’une carence de l’Etat. Dans les stades, les chants homophobes sont devenus une routine. Ils ne choquent plus, suscitent parfois des rires, et sont rarement sanctionnés à la hauteur de leur gravité. Il faut cesser de les relativiser. Ce sont des appels à la haine, parfois à la violence, pénalement répréhensibles. S’ils perdurent, ce n’est pas faute de règles, mais faute de volonté de les faire appliquer. Cette tolérance s’enracine dans le sport amateur, angle mort des politiques publiques. Et cela commence dès l’enfance. Sur les terrains, dans les vestiaires, au sein des clubs, l’homophobie est quotidienne, banalisée, intégrée. « Pédé », « tapette », « enculé »… les insultes structurent les interactions sans être ni punies ni signalées. Elles deviennent un langage ordinaire et ne sont même plus rapportées. Il ne faut pas y voir une dérive marginale, mais un phénomène massif que l’Etat connaît et laisse prospérer, un fait social installé, toléré et, en pratique, non régulé. Des éducateurs, investis d’une mission de service public, entendent, tolèrent, parfois reprennent ces propos. L’Etat délègue, mais ne contrôle pas. Il agrée, finance, mais n’évalue pas. Toute la chaîne de responsabilité est dysfonctionnelle : les fédérations, les ligues, les districts et les clubs disposent de pouvoirs disciplinaires, sans qu’il y ait une obligation de résultat, un contrôle effectif ou des conséquences en cas de manquement. Leviers juridiques Cette organisation de l’irresponsabilité est une construction publique. Elle engage directement le pouvoir politique, qui ne peut plus se réfugier derrière l’autonomie du mouvement sportif pour justifier son inaction. C’est pourtant dans le football amateur que se construit la norme. Ce qui est toléré à 10 ans sur un terrain municipal est ensuite amplifié dans les tribunes professionnelles. Il vous reste 63.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Dans le football, l’ambiance de tribune ne peut plus servir de justification implicite à l’inaction face à l’homophobie »
TRIBUNE. L’élu Patrick Karam et les responsables associatifs Terrence Khatchadourian et Julien Pontes estiment, dans une tribune au « Monde », que l’homophobie dans le milieu du ballon rond français ne relève pas d’une dérive incontrôlable, mais d’une défaillance publique persistante de l’Etat, qui a pourtant les moyens d’intervenir.







