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RécitL’hommage que consacre cet automne la Bibliothèque nationale de France à l’auteur de « La Vie mode d’emploi » a permis la redécouverte du film « Jupiter », dans lequel il a joué. Cet ovni cinématographique, réalisé par Jean-Pierre Prévost à l’été 1970, respire l’esprit libertaire et révolutionnaire de Mai 68.
Impossible de le rater. Des cheveux un peu fous, une barbichette, des yeux rieurs et de mauvaises dents. C’est bien lui, Georges Perec (1936-1982), qui se trouve coincé là, dans un sous-sol sombre, entre la chaudière et la machinerie de l’ascenseur. Un aviateur azimuté a bloqué l’installation, et pris les habitants de l’immeuble en otage sous prétexte de les protéger d’un virus meurtrier, le « Mironton 27 ».
Costume brun et chemise blanche, le prisonnier Perec interroge son geôlier sur un ton grandiloquent : « A la fin, monsieur, me direz-vous la raison de tout ceci ? Est-ce un kidnapping, monsieur ? » Il hausse la voix, angoissé : « Seriez-vous un dangereux révolutionnaire ? » Face à lui, l’aviateur, joué par le plasticien Daniel Pommereulle, reste muet, de grosses lunettes vissées sur le crâne.









