Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

ReportageDans ce village entièrement acquis au Hezbollah et anéanti pendant le conflit, ni l’Etat ni le groupe chiite n’ont les moyens d’assumer seuls une reconstruction.

Chaque jour depuis qu’il est revenu à Srifa, son village dans le sud du Liban, Hussein Fakih vient passer du temps sur la tombe de son cousin. « Ali me manque beaucoup. Ceux qui sont morts sont des héros. Ils ont défendu notre terre », dit le garçon de 10 ans. Avant la guerre, Hussein Fakih passait beaucoup de temps avec ce cousin qu’il tient en admiration. Blessé lors de la guerre qui a opposé le Hezbollah à Israël en 2024, l’ouvrier de 23 ans a été le premier combattant du parti chiite tué dans un bombardement israélien six jours après que la guerre a repris, le 2 mars. Ses cinq meilleurs amis ont eux aussi été tués en combattant dans les rangs du parti.

Le cimetière de Srifa est sens dessus dessous. Des débris de pierres tombales jonchent le sol. Un bombardement israélien a pulvérisé la maison qui se trouvait à l’entrée du site. Le souffle de l’explosion a endommagé les tombes. « Regardez ce que les sionistes font : ils bombardent les cimetières ! », interpelle Abou Saleh, venu avec sa femme fleurir les tombes de leurs deux fils : Ali, tué durant la guerre de 2024, et Ramzi, le 30 mai. Le carré où reposent les « martyrs » a été miraculeusement épargné. Quarante-cinq tombes y sont érigées depuis la guerre de 2024. Durant celle de 2026, 47 habitants de Srifa ont été tués.