Publié le 25/06/2026 12:18
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Jeudi 25 juin, neuropsychiatre, Marie-Françoise Vecchierini, neuropsychiatre et spécialiste du sommeil était l'invitée de la matinale de franceinfo. Alors que les nuits sont encore plus étouffantes que la journée, elle a dispensé quelques conseils afin de tenter d'améliorer la qualité de son sommeil lors des périodes de canicule.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Jean-Baptiste Marteau : En ce moment, c'est l'accumulation et ces nuits surtout qui pèsent sur nos organismes. Le corps n'arrive plus à se reposer avec des températures pareilles ?Marie-Françoise Vecchierini : C'est difficile. Le corps doit fournir beaucoup d'énergie pour d'abord restituer sa température interne à 37 degrés, parce qu'on est des homéothermes.Déjà, ça, c'est épuisant pour l'organisme.Déjà. Et puis, on sait que le sommeil ne va survenir que quand la température physiologiquement baisse un tout petit peu, ce qui se passe normalement en fin de journée et qui est beaucoup plus difficile quand les températures externes restent très élevées.Donc, quand on voit ces températures qui montent particulièrement, notamment dans les villes, en toute fin de journée, qui fait encore plus de 30 degrés, effectivement, au moment où on doit aller au lit, il faut arriver à faire redescendre un peu cette température corporelle.Pour pouvoir faire démarrer, je dirais, le sommeil. Ensuite, le sommeil va être beaucoup plus fractionné que d'habitude, c'est-à-dire que les gens se réveillent plus souvent. Et quand on rajoute à la température la lumière, qui est très importante en ce moment, parfois le bruit des climatisations extérieures, ce sont autant de facteurs qui s'ajoutent pour que le sommeil soit très court et que l'éveil définitif soit tôt le matin.Si on pouvait donner peut-être quelques conseils pour essayer de trouver le sommeil justement, qu'est-ce qu'il faut faire pour tenter de faire redescendre notre température corporelle juste avant de s'endormir ?D'abord, on peut le faire sur soi. C'est-à-dire beaucoup s'humidifier, pas seulement boire, mais beaucoup s'humidifier. Une petite douche un peu plus fraîche à se coucher ?Oui, parce que les mécanismes pour faire baisser la température, il y en a deux essentiellement : ça va être la transpiration et la vasodilatation cutanée périphérique, qui fait qu'il y a de la chaleur qui s'évapore de notre corps. Donc, pour mettre en jeu ces deux mécanismes physiologiques, on a intérêt à boire un peu et surtout à s'humidifier. Et pour rendre la chose agréable, éventuellement avoir un petit ventilateur qui assèche après.Jean-Baptiste Marteau : On va essayer de suivre ces conseils, mais malgré tout, quand on a cette température-là, on se dit que ce n'est pas évident à faire.Jean-Mathieu Pernin : C'est vrai que c'est assez violent et surtout, on se demande à un moment : est-ce que ça va se finir, surtout cette nuit ? Est-ce que quand on n'arrive pas à dormir, est-ce qu'il faut se lever, par exemple ? Est-ce qu'il faut essayer que son esprit s'évade davantage pour essayer de trouver le sommeil.Alors, on peut essayer, c'est le conseil classique qu'on donne chez les gens qui dorment mal. En cette période, c'est moins efficace, disons, et qu'on a surtout intérêt à faire que l'air extérieur soit le mieux possible. Mais après, ce que vous venez de dire, c'est difficile. C'est d'ailleurs intéressant en ce sens qu'on voit bien que le sommeil, qui est un déterminant de la santé, se trouve dans ce contexte, à la limite du médical et du politique. C'est-à-dire comment le sommeil va s'inscrire aussi dans l'aménagement des logements, dans l'aménagement du travail. Ça aussi, c'est intéressant dans cet aspect-là. Autrement, tous les moyens sont bons. Je peux conseiller aux auditeurs d'aller sur le site de l'Institut national du sommeil et de la vigilance. Il y a des conseils très pertinents, pas très originaux, mais pertinents. Ces conseils, c'est d'abord d'essayer de faire des courants d'air. Ça commence à être difficile. Bien sûr, quand on n'a pas la climatisation, on peut avoir des rafraîchisseurs d'air et des brumisateurs.Jean-Baptiste Marteau : Mettre de l'eau devant son ventilateur et essayer d'humidifier un peu l'air, ça peut aider ? Parce que ce n'est pas forcément agréable, l'air chaud et humide.Vous avez raison, il faut humidifier l'air, c'est-à-dire qu'il faut garder de l'eau dans la chambre, dans la pièce, et effectivement, on peut le mettre avec le ventilateur. Ceci étant, la nuit, on dort quand même. La structure du sommeil est conservée. Malgré les éveils plus fréquents, il ne faut pas mettre le ventilateur sur soi.Haron Tanzit : J'ai une question d'une amie qui me disait que ce soir, elle allait prendre un médicament, quelque chose qui va l'endormir, la "fracasser". Je ne pense pas que ce soit la bonne idée, non ?Il faut faire attention aux médicaments parce que quand on est en période très chaude, on a plutôt moins de volume circulant et donc un même médicament, une même posologie risque d'avoir un effet beaucoup plus fort.Jean-Baptiste Marteau : Donc, il faut doser un peu moins que d'habitude ?Un peu plus faible, oui.Jean-Mathieu Pernin : Là, on a passé une deuxième nuit assez difficile, apparemment, il y en aura une troisième pour une partie de la France. À partir de quand, finalement, ça peut devenir embêtant pour le corps ? Est-ce qu'on va vraiment le subir ?Je pense que là, on n'a pas de données très précises sur les phénomènes d'adaptation, d'autant que les périodes de canicule ne durent jamais assez longtemps. On sait quand même que les Européens qui vivent, tout le temps, par exemple, dans le Sahel, ils s'habituent.Jean-Baptiste Marteau : Et nous, ici, on va s'habituer ?Je n'ai pas dit ça parce que ça va être court. Ensuite, les températures vont redevenir normales et puis on va peut-être connaître une nouvelle période. Ce sont des phénomènes aigus. Donc, on n'a pas le temps de s'habituer. Le corps ne s'habitue que quand on reste très très longtemps. Si ces températures devenaient définitives, oui, peut-être on peut espérer qu'on s'habituerait. Mais pour le moment, non, c'est trop court. Alors, quand est-ce que ça peut devenir dangereux ? Quand ça dure trop longtemps.Au bout de combien de nuits ?Là, on va connaître trois, quatre nuits, mais si ça durait dix jours, par exemple, le phénomène de privation de sommeil pourrait devenir ennuyeux par ses conséquences diurnes et ses conséquences à plus long terme sur la santé.









