Le vêtement de travail au Musée postal, Gianni Versace au Musée Maillol, le textile africain au Quai Branly, à Paris, un focus sur le créateur Mossi Traoré au MuCEM, à Marseille… Depuis une bonne année, tous les musées de France ou presque semblent surfer sur la mode, en pleine vogue, pour dynamiser leur programmation et attirer un public plus jeune. S’il est plus élitiste, le secteur de la joaillerie voit aussi d’un bon œil le format de l’exposition, et les propositions se font plus nombreuses. Cet été, dans la capitale, trois parcours – tous gratuits – donnent ainsi à voir des bijoux de styles différents : ostentation italienne, avant-gardisme américain ou classicisme français.

Les volumineux bijoux de Pomellato

Photographie publicitaire pour Pomellato, par Gian Paolo Barbieri, 1971. GIAN PAOLO BARBIERI/HELMUT NEWTON FOUNDATION/TRUNK

Parmi les joailliers italiens, le grand public connaît plus volontiers Bulgari que Pomellato, fondé en 1967 à Milan par Pino Rabolini. Ce fils d’orfèvres, meilleur dessinateur que stratège financier, comme lui-même en convenait, a imposé un style audacieux et volumineux, fait de larges chaînes aux divers maillons (cubains, en zigzag, en briquettes, en rondelles, ornée d’un nœud pavé, etc.) ou de bagues aux pierres de toutes les couleurs, tantôt légèrement facettées tantôt en cabochon à la surface lisse.