Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management La révolution de l’intelligence artificielle, bien plus rapide aux Etats-Unis, bouscule les jeunes diplômés de l’université. Les emplois peu touchés par l’IA et les métiers manuels y gagnent en attractivité. Article réservé aux abonnés Luke St Amand, 25 ans, a vu les signes avant-coureurs de la future disparition de son poste, chez son ancien employeur, Amazon. Il travaillait dans un domaine très particulier, à savoir l’analyse de 40 000 références produit dans une épicerie. Luke consacrait plus de 80 heures par semaine à examiner la taille des produits, le volume de ventes et les besoins de réassortiment. « C’était avant ChatGPT », dit-il. Lorsque l’intelligence artificielle (IA) a fait son apparition, il a compris qu’Amazon n’aurait bientôt plus besoin de ses services. Il lui fallait plusieurs jours pour éplucher en profondeur six mois de stocks, l’IA le faisait presque instantanément. « C’était à la fois effrayant et très excitant », conclut-il. Luke St Amand a quitté Amazon fin 2023, et a créé avec Jared, son ami d’enfance, une start-up lui garantissant un avenir sans IA. Dans son entreprise, Lectec, il réalise des vidéos courtes de vulgarisation scientifique. Munis de leurs téléphones, les deux compères produisent une vidéo par jour. Ils y racontent comment une femme a survécu à la chute d’un ascenseur sur 80 étages dans l’Empire State building, expliquent la prolifération des châteaux d’eau sur les toits des gratte-ciels new-yorkais, ou encore le coût faramineux de la construction d’un pan de métro à 25 milliards de dollars (environ 21,8 milliards d’euros). L’IA, se félicite l’entrepreneur, « ne sait pas écrire ces histoires, l’IA n’a pas la créativité nécessaire ». Luke et Jared ne sont pas les seuls à redouter l’impact de l’IA sur leur avenir professionnel. Les outils sont déjà bien ancrés dans les entreprises américaines, et les jeunes diplômés souffrent de sa concurrence. Une étude de l’université Stanford, en Californie, a suivi les millions de fiches de paie traitées par ADP, le principal éditeur de logiciels de paie aux Etats-Unis, de la fin 2022 à septembre 2025 : les débutants de 22 ans à 25 ans ont vu leur taux d’emploi baisser de 6 % du fait de l’usage grandissant de l’IA. Chez les développeurs de logiciels, la chute est de 20 %. Il vous reste 64.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.