« Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que le commerce est autant une question de sécurité qu’une question économique. »
C'est ce qu'a déclaré Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, en février 2026, lors d'un discours prononcé à la Conférence de Munich sur la sécurité.
Même si elle parlait de l’Europe, ses propos résonnent fortement en Afrique.
Les 54 économies du continent sont confrontées à une triple tension à laquelle il n’existe pas de solution facile.
Premièrement, elles doivent rester suffisamment intégrées à l’économie mondiale pour se développer. Deuxièmement, elles doivent prendre suffisamment de recul pour se protéger économiquement contre l’instrumentalisation délibérée des dépendances extérieures. On parle alors de “l'intrumentalisation de l'interdépendance”. Elle consiste à exploiter la position d’un pays au sein des réseaux économiques et technologiques mondiaux pour exercer une influence politique ou faire pression sur d’autres pays. Et troisièmement, elles doivent rester suffisamment ouvertes pour se diversifier au-delà des matières premières — qui représentent plus de 60 % du total des exportations de marchandises dans 45 pays africains — s’ils veulent bâtir une prospérité durable et réduire leur vulnérabilité aux chocs liés aux prix des matières premières.






