Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Défense européenne Défense européenne Défense européenne Tribune Michal Matlak Politiste Monika Sus Politiste Dans une tribune au « Monde », les politistes Michal Matlak et Monika Sus posent la question de la pertinence de l’instauration d’un « conseil de sécurité européen ». Selon eux, le problème de sécurité du continent doit trouver une solution en renforçant l’existant. Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’idée d’un « conseil de sécurité européen » revient dans le débat public. Andrius Kubilius, commissaire européen à la défense et à l’espace, en a fait le cœur de son plaidoyer pour un continent capable d’agir seul. Il préconise un organe calqué sur son homologue onusien : représentation permanente des grandes puissances de l’Union européenne (UE), sièges tournants pour les plus petits, inclusion du Royaume-Uni, de la Norvège et de l’Ukraine. Face à une administration américaine qui traite l’Ukraine comme une monnaie d’échange et l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord [qui stipule que si un pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) subit une attaque armée, chaque autre membre de l’Alliance considérera cet acte comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué] comme un service à la demande, l’idée mérite qu’on s’y arrête. Elle pose la bonne question – comment rendre l’Europe capable de se défendre sans les Etats-Unis –, mais n’y apporte pas la bonne réponse. Le diagnostic est juste. L’Europe ne dispose d’aucun organe permanent où ses acteurs de sécurité les plus puissants siégeraient en un noyau décisionnel, mais de plusieurs formats : un « E5 » une semaine [groupe réunissant la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et l’Espagne], un « Weimar » [entre la France, l’Allemagne et la Pologne] élargi la suivante, un sommet des « neuf de Bucarest » [Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie] celle d’après. Avec une telle multiplicité de structures, est-il nécessaire d’en faire advenir une de plus ? Première objection : ce conseil multiplierait les institutions sans résoudre le problème qu’il prétend traiter. La faiblesse de l’Europe ne tient pas à une institution manquante, mais au manque de volonté politique et de capacités déployables. Un nouvel organe ne produit pas davantage de volonté commune. Pire encore : un conseil censé accélérer les décisions ne serait pas rapide puisque dès lors qu’elles exigent des instruments de l’UE (financements, sanctions, missions), il faut les faire repasser par le cadre de l’Union. Nous gagnerions un organe supplémentaire, mais conserverions l’ancien goulot d’étranglement. Il vous reste 64.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La faiblesse de l’Europe ne tient pas à une institution manquante, mais au manque de volonté politique et de capacités déployables »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », les politistes Michal Matlak et Monika Sus posent la question de la pertinence de l’instauration d’un « conseil de sécurité européen ». Selon eux, le problème de sécurité du continent doit trouver une solution en renforçant l’existant.







