Il refuse de quitter la place Vendôme. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a exclu une nouvelle fois ce mardi 23 juin sur France Info de présenter sa démission après les nombreux dysfonctionnements judiciaires révélés après la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte début juin dans le Gers. « Ce serait assez lâche, me semble-t-il » de partir « dans la tempête », a lancé le garde des Sceaux.Un rapport remis au Premier ministre Sébastien Lecornu déplore « un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure » dans cette affaire qui a choqué et ému tout le pays.VidéoDysfonctionnements dans l'affaire Lyhanna : un rapport pointe des ratésCar Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans, n’avait jamais été inquiété par la justice alors qu’il était notamment visé par une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant d’également 11 ans qui l’accuse de l’avoir violée « une cinquantaine de fois ».Cette plainte n’a « pas été traitée comme une procédure prioritaire » et celle-ci, malgré son « caractère sensible », « n’a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie », peut-on lire dans le rapport, alors que le profil du suspect était connu.Depuis les premières révélations sur Jérôme Barella et ces multiples plaintes, des responsables politiques, en particulier de LFI et du RN, ont plaidé pour que Gérald Darmanin présente sa démission.Le garde des Sceaux répète ne pas porter de responsabilité politique, affirmant qu’au contraire ses directives de prioriser le traitement des dossiers d’atteintes aux personnes - notamment la pédocriminalité - n’ont pas été pleinement appliquées.« J’essaye de transformer ce ministère », assure Gérald Darmanin, arrivé place Vendôme en décembre 2024 après avoir été à l’Intérieur (2020-2024) et aux Comptes publics (2017-2020). « En six mois, j’ai fait des prisons de haute sécurité. On m’expliquait que ce n’était pas possible à faire (…) Aujourd’hui, deux prisons de haute sécurité existent, on va inaugurer la troisième dans six mois », a affirmé le ministre, qui loue son bilan.« Choc numérique »« Je construis des prisons en un an (…) Nous avons créé un parquet national anticriminalité organisée. Nous avons augmenté le budget », assure-t-il.« J’ai l’impression de mettre jour et nuit mon énergie à transformer le ministère de la Justice », martèle le garde des Sceaux, qui reconnaît toutefois que tout n’est pas « parfait ». « Est-ce qu’on arrive à bien organiser la justice, faire un bon service public ? La réponse est non. En revanche, est-ce que tout marche mal dans le pays ? La réponse est non, également », résume-t-il.« La justice progresse, simplement elle doit se moderniser encore plus vite parce que nous avons perdu beaucoup de temps », conclut Gérald Darmanin, qui évoque notamment « un choc numérique » dans son ministère et le « zéro papier d’ici six mois » pour les juridictions du pays.