Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Arts Arts Arts Le Palais des arts de Dinard et la fondation parisienne qui porte son nom, montrent la diversité de la palette du peintre et sculpteur, du petit format au monumental. Article réservé aux abonnés Il faut se méfier des conversations téléphoniques : celle que passa Jean Dubuffet (1901-1985), un jour de juillet 1962, l’occupa pendant douze ans. Il tenait le combiné d’une main, l’autre faisant machinalement courir un stylo-bille quatre couleurs sur un papier blanc, comme nous avons été nombreux à le faire, du moins avant l’invention du téléphone qui s’utilise en marchant… Dans un geste semi-inconscient – on veut croire qu’il accordait plus d’attention à son interlocuteur –, il traça des formes cellulaires, de petites boucles biomorphiques, qu’il combla de hachures. Après avoir raccroché, il regarda le résultat : un dessin automatique, au sens où les surréalistes parlaient d’écriture automatique. Pas de références, pas d’idée préconçue, pas de plan et surtout une extrême modestie de moyens. Alors sexagénaire, Dubuffet pressent qu’il tient là une grammaire nouvelle. Plutôt que de rouler la feuille en boule et de la jeter à la corbeille, comme l’aurait fait n’importe qui, il découpe – souvenir des personnages prélevés dans des affiches qui tapissaient les murs de la salle de billard de ses grands-parents, qu’il évoque dans sa Biographie au pas de course (Gallimard, 2001) ? – ces premières figures et les colle sur un fond noir. Il vous reste 87.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Jean Dubuffet, artiste à l’inventivité constante, à l’honneur dans deux expositions
Le Palais des arts de Dinard et la fondation parisienne qui porte son nom, montrent la diversité de la palette du peintre et sculpteur, du petit format au monumental.








